Fabuleuse Karen Knorr

13/03/2008 - 17h04
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Fabuleuse Karen Knorr
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Le musée de la chasse c'est tout d'abord des animaux empaillés qui vous agressent lorsque vous (osez) pénétrer dans une salle, planqués qu'ils sont dans les coins et les recoins. La bien nommée « salle des trophées » atteint le summum de l'horreur. On n' y entre même pas, juste un regard fugace et hop on se sent de trop...

 

Voir alors les photos de Karen Knorr a quelque chose d'apaisant et dédramatise la situation. La photographe s'intéresse à la question des rapports entre nature et culture, homme et animaux, et des sociétés au patrimoine. Elle réalise des clichés qui exposent ces interrogations sans intermédiaire. Ce qui fait un effet boeuf...si l'on peut se permettre... C'est en effet des animaux qui investissent les tapisseries écoeurantes, les descentes de rideaux dégoulinantes et les dorures des mobiliers du musée de la chasse. Des échassiers, classieux et désinvoltes, un renard, hagard et fuyant, un gros sanglier un peu pataud, ou des oiseaux bleus des îles (on les entendrait presque chanter) sèment le trouble et déstabilisent la fixité et l'ancienneté du dispositif pour former un tout baroque et décalé. Des femmes nues sont également présentes sur certaines photos, sortes de statues classiques de chair. Les Hommes et les animaux se ressemblent ici étrangement, autant dans la qualité de leurs présences que dans leurs expressivités.Le tout est très beau, gracieux et surnaturel comme la quintessence du fabuleux. Car qu'est-ce que le fabuleux, si ce n'est la délicate fusion de l'imaginaire et de la réalité, de l'invraisemblable malicieusement devenu réel.

 

La photographe a réalisé ce travail sur commande du musée. Certaines images ont été réalisées dans les lieus (avec des animaux empaillés donc), on peut voir aussi sur un petit film les séances de pauses des modèles humains. D'autres ont été incrustées après, ce qui crée un alliage de présences et d'absences en plusieurs dimensions et des contrastes de couleurs incohérents qui véhiculent eux aussi le bizarre. La netteté des photos intrigue, en désaccord avec le mouvement physique des animaux. Ceci a quelque chose de magique, parce qu'on ne captera que rarement un animal sauvage immobile. On verra encore moins souvent un héron sur un fauteuil Louis XV certes...

 

 

 

Illustr©Karen Knorr

 

Fables de Karen Knorr au musée de la chasse (www), jusqu'au 11 mai 2008.

 

Rencontre-débat avec Karen Knorr et Adrien Goetz, écrivain et critique d'art, le dimanche 16 mars à 16h. 

 

A voir également le site internet de Karen Knorr (www)

 

 

 

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