
Odd Nerdrum, Self-Portrait in a Tree Trunk, 1999-2000. Courtesy Weinstein Gallery, San Francisco.Un artiste à qui l'on interdit de créer, quelle peine plus absurde (et sans doute inefficace) que celle-là ? C'est pourtant le sort réservé au peintre norvégien Odd Nerdrum, 67 ans, condamné le 17 août à deux ans d'emprisonnement pour fraude fiscale. La loi norvégienne interdisant à ses détenus la poursuite d'activités commerciales (production artistique comprise), Nerdrum, auteur de toiles réalistes inspirées de la peinture classique, qu'il définit lui-même comme kitsch, ne pourra toucher à des pinceaux pendant tout le temps de son incarcération.Selon le site Artclair.com, l'artiste aurait dissimulé au fisc, entre 1998 et 2002, des sommes estimées à 2,5 millions de dollars (environ 1,7 millions d'euros), qu'il aurait tenues secrètes, circonstance aggravante, dans un coffre-fort en Autriche. Odd Nerdrum plaide non-coupable, mais son argument de défense est assez inconsistant : il affirme avoir voulu conserver cet argent pour rembourser d'éventuels collectionneurs insatisfaits à cause d'anciennes oeuvres trop fragiles... L'artiste, qui a reçu le soutien de nombreuses personnalités de la culture en Norvège, se considère comme victime du système, et compare sa situation à celle de son illustre prédécesseur, Edvard Munch, qui semble-t-il ne payait pas non plus ses impôts rubis sur l'ongle. Nerdrum a déclaré vouloir faire appel de son jugement, et souhaite notamment pouvoir continuer à peindre dans sa cellule. Le minimum de liberté requise pour un artiste.
Par Magali Lesauvage Follow @MagLesauvage
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