
Pour rendre hommage à la technique de la gravure, l’artiste français Baptiste Debombourg a eu l’idée d’utiliser des agrafes. Ces petits bouts de métal servant d’ordinaire à fixer ensemble deux bouts de papier remplacent ainsi les entailles faites dans le bois.
Sur son site, l’artiste explique le concept de sa série, qu’il nomme "les aggravures" : "C’ est un travail spécifique sur l’image et l’architecture. La gravure a longtemps été la seule technique permettant la multiplication de l’image, son histoire est celle d’une succession de développements techniques et est par ailleurs fortement caractérisée par l’évolution de l’utilisation des images multipliées et donc de leur fonction dans l'art du XXe (lithographie, sérigraphie, photographie...). Ce qui est intéressant dans la gravure maniériste, c'est la question de la représentation autour des thèmes développés sur la mythologie et la religion et leurs échos potentiels aujourd’hui au super-héros, au bodybuilding,… et la violence du « culte de la puissance masculine".

Baptiste Debombourg revient également sur son choix d’un matériau à priori ingrat, et peu pratique : l’agrafe. "Le thème récurrent dans ces fresques tourne autour de la chute, du coupant et de la religion qui trouve un écho avec l’agrafe. Ici l’agrafe est un matériau et un média qui joue avec l’agression contemporaine et l’utilité profane de la vie quotidienne".
Ses œuvres s’inspirent de graveurs maniéristes néerlandais réputés tels que Hendrik Goltzius et Jan Harmensz Muller, ou encore de l’italien Cherubino Alberti et du grand graveur allemand Albrecht Dürer, en leur ajoutant des détails contemporains (motos, graffitis, enseignes publicitaires, etc).
Pour réaliser sa fresque "Aggravure III", aux dimensions impressionnantes (4 mètres sur 10) l’artiste français a utilisé pas moins de 450 000 agrafes. Un travail d’orfèvre qui lui a tout de même demandé 340 heures de patience.



D’autres œuvres sur le site de l’artiste
Via Fubiz
Par Eric VernayFollow @ericvernay