
Les éditions Anthese, à Arcueil, poursuivent leur collaboration avec l'artiste britannique Andy Goldsworthy, représentant européen du Land Art qui place au coeur de son travail le rapport temporel à l'environnement et à ses éléments. Près de quinze ans après sa première édition, Bois, réédité fin 2009, fait ainsi suite aux ouvrages consacrés par Anthese au temps, aux pierres, aux passages ou aux enclos, qui tous composent, parmi d'autres, le vocabulaire de l'artiste.De l'argile sculpté dans le creux d'un tronc mort, des feuilles rangées dans l'ordre du spectre coloré, une boule de neige apportée dans l'atelier et qui, en fondant sur une feuille de papier, forme des volutes, des pierres en équilibre sur les branches torses d'un olivier, des dessins de fougères, des branches mortes ou un serpent de sable envahissant l'espace d'exposition... : les oeuvres d'Andy Goldsworthy sont des jeux d'enfant éphémères, qui placent l'homme au coeur d'une nature-cosmos. L'artiste respecte la nature sans pour autant lui vouer un culte naïf. Il recompose son environnement à la faveur des aléas climatiques, et utilise aussi bien la neige que les feuilles mortes ou le gel.Déplaçant ses interventions aussi bien dans le contexte muséal que sur scène, Goldsworthy a notamment collaboré avec la chorégraphe Régine Chopinot, pour Végétal en 1995 : transposant sur scène les jeux de l'artiste, les danseurs du Ballet Atlantique de La Rochelle retrouvaient le langage simple du rapport entre le corps et la nature, entre construction et destruction. Une réflexion fondamentale sur le temps, avant toute chose.Andy Goldsworthy, Bois, éditions Anthese, Arcueil, 128 pages, 67 euros. www
Par Magali Lesauvage Follow @MagLesauvage
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