La photographie africaine n'existe pas ! Longtemps assujettie au goût occidental, elle se construit désormais dans la diversité des pays et des trajectoires personnelles. Mais les artistes africains continuent de partager, en creux, les mêmes difficultés à la formation et à l'exposition, la pauvreté des infrastructures et de la politique culturelle toujours persistantes, plus particulièrement en Afrique centrale. Déjà nombreux sur les cimaises de la Biennale des images Photoquai, les photographes subsahariens sont à l'honneur de Paris Photo 2011, qui a fêté sa 15e édition au Grand Palais, du 10 au 13 novembre. À côté du Maliens Seydou Keita, du Sénégalais Oumar Ly (Les Filles du Calvaire) ou du Sud-Africain David Goldblatt (Galerie Marian Goodman), représentants d'une photographie classique et humaniste dominée par les portraits en noir et blanc, la jeune génération parvient à se tailler elle aussi une part du gâteau. Invités par Paris Photo, les commissaires des Rencontres de Bamako (1er novembre 2011-1er janvier 2012) consacrent une exposition à ces photographes émergents, « African Emerging Photography ». Âgée de 26 à 40 ans, la nouvelle génération sélectionnée ici s'ose à l'intime et tente d'échapper aux stéréotypes en vigueur.