Le memento mori antique "Souviens-toi que tu vas mourir". Dans l'Antiquité romaine, cette phrase était répétée par un esclave, debout derrière le général qui paradait lors de sa cérémonie de triomphe. Glorieux aujourd'hui, tu auras disparu demain... L'expression est aussi une invitation à la jouissance : "Mangeons, buvons, et soyons joyeux, car nous mourrons demain !", écrit le poète Horace au Ier siècle avant J.C.
Memento mori, mosaïque polychrome de Pompéi, Ier siècle, Musée national d'archéologie de Naples © Archives surintendance spéciale Beni et archologici Naples et PompeiSur Flu : l'actu des expos sur le blog artsEn images : Deadline. Les artistes face à la mort
Méditation par Le Caravage Le Caravage, peintre des passions, représente saint François, dont la rube de bure déchiquetée rappelle qu'il a fait voeu de pauvreté, méditant sur un crâne. Maître du clair-obscur, l'artiste concentre la lumière sur le reste humain plutôt que sur la figure du saint, dont la tête penchée signifie la compassion.
Le Caravage, Saint François en méditation, vers 1602 © Private collection courtesy of Whitfield Fine Art, London
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La Mort s'invite à table C'est la fin du repas, les desserts sont sur la table, un musicien joue un air joyeux aux hôtes richement habillés. Tout à coup arrive une invitée surprise. Sous la forme d'un squelette, la Mort tient un sablier dans la main, et désigne l'un des convives, tout autant surpris et effrayé que les autres. L'heure a sonné.
Giovanni Martinelli, Memento Mori (La Mort s'invite à la table du dîner), vers 1635, galerie G. Sarti, Paris © Gilles de Fayet, FranceSur Flu : L'actu des expos sur le blog artsEn images : Deadline. Les artistes face à la mort
Zurbaran, la foi contre la Mort Peintre mystique, maître de l'austérité (à ses débuts), Francisco de Zurbaran peint ce saint François agenouillé sur un fond neutre, masse lourde et homogène, bloc inébranlable qui symbolise la foi intense du saint. Ses mains immenses tiennent presque avec tendresse un crâne la tête à l'envers, la Mort vaincue.
Francisco de Zurbaran, Saint François agenouillé, vers 1635 © Collection Adolfo Nobili, MilanSur Flu : L'actu des expos sur le blog artsEn images : Deadline. Les artistes face à la mort
L'Amour à mort Cupidon, bambin aux ailes repliées, sa flèche dans la main, s'est endormi sur un crâne dont la gueule ouverte, à laquelle il manque des dents, révèle l'intérieur. A cette vision horrifiante de la Mort s'oppose l'apparente innocence de l'Amour et la délicatesse du bouquet adjacent, symboles de vie.
Luigi Miradori (dit Genovesino), Cupidon endormi, vers 1652, Museo civico Ala Ponzone, Cremona © Sistema Museale della Città di Cremona - Museo civico Ala Ponzone, CremonaSur Flu : L'actu des expos sur le blog artsEn images : Deadline. Les artistes face à la mort
Braque, la vanité dans l'art moderne Il faudra attendre le XXe siècle, et les grandes tragédies qui menacent la survie même de l'humanité, pour que le thème de la vanité resurgisse dans l'art. Ainsi en 1938, Georges Braque peint cette nature morte au crâne dans la cadre de son atelier. Au même moment, son ami Picasso, qui peint Guernica, multiplie les représentations de crânes.
Georges Braque, L'Atelier au crâne, 1938, collection particulière © Sotheby's / Adagp, Paris 2009Sur Flu : L'actu des expos sur le blog artsEn images : Deadline. Les artistes face à la mort
Warhol existentiel « J'ai réalisé que tout ce que je faisais avait un rapport avec la mort ». Des Car Crashes aux Skulls en passant par les Electric Chairs, Andy Warhol n'a en effet pas arrêté de s'interroger sur la vanité de l'existence.
Andy Warhol, Skull, 1976, courtesy Loïc Malle, A.A.S Paris © The Andy Warhol Foundation for the Visuals Arts, Inc. / Adagp, Paris 2009Sur Flu : L'actu des expos sur le blog artsEn images : Deadline. Les artistes face à la mort
Le Rien de Jean-Michel Alberola A la toute fin du XXe siècle, les artistes contemporains se réapproprient l'iconographie de la mort. Pour Jean-Michel Alberola, le « Rien » entrelacé en néon rouge prend la forme d'une tête de mort.
Jean-Michel Alberola, Rien, 1994, collection de l'artiste. Photo : courtesy Daniel Templon, Paris, cliché B. Huet / Tutti © Adagp, Paris 2009Sur Flu : L'actu des expos sur le blog artsEn images : Deadline. Les artistes face à la mort
La tête de mort enfantine d'Annette Messager Gants en laine et crayons de couleurs, des éléments rappelant l'enfance composent chez Annette Messager une tête de mort plutôt comique, qui évoque une grosse peluche qui pique et se rapproche des images d'Halloween.
Annette Messager, Gants-tête, 1999, collection AM et M Robelin © Adagp, Paris 2009Sur Flu : L'actu des expos sur le blog artsEn images : Deadline. Les artistes face à la mort
Jan Fabre et la vie éternelle de l'oisillon La Mort a pris entre ses crocs une belle perruche. Le crâne évoque un masque guerrier, mais est menacé, en raison de la fragilité des ailes de coléoptère qui le composent, par une fin prochaine. « L'Oisillon de Dieu » semble lui promis à une vie éternelle.
Jan Fabre, L'Oisillon de Dieu, 2000, collection particulière © Adagp, Paris 2009Sur Flu : L'actu des expos sur le blog artsEn images : Deadline. Les artistes face à la mort
La mort précieuse de Damien Hirst Cette reproduction sérigraphiée, recouverte de poussière de diamants, du fameux crâne en platine et diamants For The Love of God (vendu en 2007 pour 100 millions de dollars), est un énième geste ironique de Damien Hirst lié à la mort, après notamment ses animaux conservés dans le formol, comme le célèbre requin de The physical impossibility of death in the mind of someone living.
Damien Hirst, The Love for God, Laugh, 2007, sérigraphie avec poussière de diamants, collection particulière © Damien Hirst. All rights reserved, Adagp, 2009Sur Flu : L'actu des expos sur le blog artsEn images : Deadline. Les artistes face à la mort
Promenade avec un squelette Marina Abramovic, grande artiste de la performance que l'on avait déjà pu voir allongée, nue, avec un squelette sur elle, se promène ici un squelette sur son dos. Rappel des danses macabres du Moyen-Age, la performance rappelle avec humour que chacun porte avec lui sa propre mort.
Marina Abramovic, Carrying the skeleton I, 2008, collection particulière © Adagp, Paris 2009Sur Flu : L'actu des expos sur le blog artsEn images : Deadline. Les artistes face à la mort

On pourrait dire que depuis la nuit des temps les hommes ont réalisé des « vanités », c'est-à-dire représenté les éphémères éléments de l'existence pour en souligner la fragilité. Pourtant, depuis le XVIIe siècle, on n'a jamais vu autant de représentations de crânes dans l'art qu'aujourd'hui... Signe d'un temps qui s'accélère, d'un rapport étroit à la mort, de l'acceptation d'une éventuelle « fin » qui menace la planète, ou d'une intimité forcée avec la question spirituelle, qui obsède encore une époque pourtant des plus matérialistes. Le musée Maillol propose, avec près de 160 oeuvres, un parcours subjectif dans l'histoire d'une iconographie très à la mode, mais éternellement actuelle. Visite en 12 images.C'est la vie ! Vanités de Caravage à Damien Hirst, au musée Maillol, Paris, jusqu'au 28 juin 2010.
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