Les mégères du petit écran

04/10/2012 - 14h50
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  • Les mégères du petit écran

    Il y a peu, AMC a achevé la diffusion de la première moitié de l'ultime saison de Breaking Bad. Comme cela avait été le cas précédemment, des fans ont été consternés par l'évolution du personnage de Skyler, la femme du héros. Ce rejet fait beaucoup penser à celui du personnage de Lori dans la série The Walking Dead, régulièrement cible de moqueries (dans le meilleur des cas).


    Force est de constater que si depuis des années les anti-héros ont envahi les séries américaines, cela s'accompagne souvent de personnages féminins qui sont, disons le franchement, souvent insupportables. Misogynie des scénaristes ? Possible, mais pas seulement : si le personnage principal est un enfoiré notoire, il lui faut un ou plusieurs obstacles dans son parcours, et c'est souvent là que ces figures féminines "nouvelle version" entrent en jeu, à la fois nécessaires à l'intrigue mais assez lourdingues pour le public.


    Hystériques, nunuches ou ouvertement garces, petit panorama de ces héroïnes qu'on adore détester mais sans qui nos séries préférées ne seraient pas ce qu'elles sont.
     


    [Attention, SPOILERS INSIDE]


    Par Yerim Sar

  • Skyler White et Marie Schrader (Breaking Bad)

    Interprètes :Anna Gunn et Betsy Brandt


    Leur palmarès : Dès que Skyler apprend que son mari Walter est un trafiquant, elle se change dans la seconde en une sorte de boulet qui l'empêche autant qu'elle peut d'exécuter ses plans, et l'éloigne de ses enfants, le forçant à quitter la maison et prendre un appartement. Entre temps elle couche avec son patron ; après tout, autant se lâcher. On pourrait croire qu'une fois complice de son époux (elle participe finalement au blanchiment d'argent), cela va se calmer mais pas du tout : sans  le faire exprès elle est à l'origine d'un "accident" qui manque de tuer son ex-patron, tout en faisant perdre plus de 600 000 dollars à Walter.


    Son excuse : elle réfléchit avant tout en tant que mère et craint pour la sécurité de ses enfants, à l'inverse de son mari de plus en plus éloigné de la réalité.


    Sa sœur Marie a quant à elle une pathologie avérée : elle souffre de déséquilibre mental, connaît des périodes de cleptomanie aiguë, et suit une thérapie chez un psy. Ok ce n'est pas totalement de sa faute, mais quand même. Sans parler de son caractère constamment inquiet, ni de son côté pinailleur totalement infect (surtout dans les premières saisons).


    Son excuse : L'amour sincère qu'elle porte à sa famille en général et son mari en particulier. Lorsqu'il est handicapé suite à une blessure par balle, c'est elle qui le force à sortir de l'hôpital et à s'investir sérieusement dans sa rééducation.

  • Claire Howell (Oz)

    Interprète :Kristin Rohde


    Son palmarès : c'est bien simple, dès qu'elle arrive dans la prison elle jette son dévolu sur le directeur Tim McManus, qui s'aperçoit trop tard qu'il a mis le doigt dans un engrenage sans fin. Complètement hors de contrôle, elle se bat avec une autre gardienne (qui est aussi l'ex de MacManus), avant d'exiger des faveurs de certains prisonniers, y compris un simple d'esprit. Sans parler de sa manie de se défouler sur le premier venu. Dans cet univers ultra masculin, c'est la seule à inspirer autant de terreur à certains détenus.


    Son excuse : c'est surtout vers la fin de la série qu'on réalise la triste vie qu'elle mène en dehors de Oz. Désormais enceinte d'un taulard, elle explique que non seulement sa situation est ingérable mais qu'en plus elle habite un quartier de rednecks qui vont lui en faire baver à la vue de son bébé métisse.

  • Janice Soprano (Les Soprano)

    Interprète :Aida Turturro


    Son palmarès : complètement égocentrique, à la seconde où elle revient dans la vie de Tony Soprano, on comprend que leurs rapports "fraternels" sont totalement malsains, et que ça a empiré avec le temps. Janice lui pourrit régulièrement la vie, notamment en couchant avec deux autres mafieux pas franchement fans de son frère (elle en tue d'ailleurs un sur un coup de tête, elle est comme ça Janice, impulsive). Une fois mariée, elle se montre à plusieurs reprises insupportable avec sa belle-famille.


    Son excuse : avoir grandi dans le même environnement que Tony, tout simplement : mère étouffante, père et frère criminels, dur d'évoluer normalement.

  • Lori Grimes (The Walking Dead)

    Interprète :Sarah Wayne Callies


    Son palmarès : avoir cru Shane sur parole quand il lui a annoncé la mort de son mari Rick, avoir couché avec Shane, faire comme si de rien n'était lors du retour de Rick. Cerise sur le gâteau, elle semble avoir oublié que fatalement, sexe non protégé signifie bébé à l'horizon, ce qui n'est pas forcément un projet viable dans un monde de morts-vivants. Ah, et elle pète régulièrement les plombs pour un oui ou pour un non, mais souvent pour n'importe quoi.


    Son excuse : c'est quand même un peu la fin du monde, ça a probablement dû jouer, quelque part.

  • Mara Vendrell (The Shield)

    Interprète :Michele Hicks


    Son palmarès : la liste est longue, Mara étant un peu la Yoko Ono de la Strike Team de Vic Mckey. Dès que Shane (attention ce n'est pas le même que précédemment) devient son petit ami, elle se met à lui suggérer des idées toutes plus foireuses et dangereuses les unes que les autres. La jeune femme le force à prendre des risques inutiles et l'encourage à se rebeller contre Vic. Notons que Mara a également contribué à plonger un autre flic dans le coma à coups de fer à repasser. Girl power.


    Son excuse : la plupart du temps elle ne réalise absolument pas les conséquences de ses actes, mais les paie au prix fort à la fin de la série, entraînée par son mari dans sa chute tragique de bout en bout.

  • Daenerys Targaryen (Game of thrones)

    Interprète :Emilia Clarke


    Son palmarès : elle semble dans un premier temps totalement soumise, que ce soit à son frère cinglé qui la vend à un roi barbare, puis à ce même roi dont elle tombe amoureuse (?!) tout en refusant fréquemment d'écouter le seul qui lui paraît pour l'instant réellement dévoué, le fidèle Jorah Mormont. Son autre particularité est de se sortir des pires situations non pas en s'y adaptant mais systématiquement par un coup de chance mêlé à de la magie qu'elle semble pourtant ne pas contrôler du tout. Elle est en effet la "mère des dragons" et dispose de pouvoirs surnaturels. Du coup, elle passe tout une partie de la saison 2 à répéter partout qu'en tant que telle, à peu près tout lui est dû. Rappelons qu'à ce stade de l'histoire, ses dragons sont en fait des bébés qui rotent à peine plus fort qu'un cocktail molotov.


    Son excuse : Dans les livres dont s'inspire la série, le personnage est plus subtil que ça et sans rentrer dans les détails, elle devrait redresser la barre prochainement.

  • Margaret Schroeder (Boardwalk Empire)

    Interprète :Kelly MacDonald


    Son palmarès : séduite par le peu fréquentable Nucky Thompson qui a liquidé son mari qui lui-même la battait régulièrement (jusqu'à ce qu'elle fasse une fausse couche, c'est ce qui s'appelle être marqué par la vie), elle change du tout au tout et agit bien vite comme la pire des parvenues. C'est assez flagrant dans sa façon de traiter les domestiques de la maison, pourtant des immigrées irlandaises comme elle dont elle aurait pu partager le quotidien quelques mois auparavant. Les cas de conscience du personnage la rendent souvent ennuyeuse, surtout ses incessants revirements sur le mode je t'aime/je ne t'aime plus/j'accepte l'argent sale/je ne l'accepte plus/oh tiens si je couchais avec un truand plus jeune/zut c'est un péché, etc.


    Son excuse : comme d'autres membres de la liste, elle est d'abord guidée par son amour pour ses enfants, il n'y a qu'à voir comment la maladie de sa fille la dévaste. Sans oublier son parcours, si chaotique qu'elle semble d'épisode en épisode perdre tous ses repères (moraux, familiaux, et même sociaux avec le changement soudain de situation).

  • De'Londa Brice (The Wire)

    Interprète : Sandi McCree


    Son palmarès : elle contraint son fils Namond à dealer pour ramener de l'argent à la maison alors même que son père est en prison à perpétuité pour plusieurs meurtres. De'Londa fait partie de ces gens qui ne retiennent pas vraiment les leçons. Même lorsque le professeur Bunny Colvin tente de la convaincre du potentiel de son garçon, elle reste campée sur ses positions, alors que c'est l'unique moyen de lui assurer un minimum d'avenir. De'Londa tient aussi à son train de vie et n'a apparemment jamais travaillé, y compris après l'incarcération de son époux.


    Son excuse : contrairement aux apparences, De'Londa souhaite que son fils réussisse, sauf que pour elle cela implique forcément du deal car c'est tout ce qu'elle a toujours connu. Mais devant le feu vert de son propre mari, elle se ravise, accepte finalement de confier Namond à Colvin qui l'adopte pour ainsi dire et prend en charge son éducation.

  • Arlene Fowler (True Blood)

    Interprète :Carrie Preston


    Son palmarès : Arlene est une sorte d'archétype du Sud profond des États-Unis, du coup elle ne manque pas une occasion de râler contre à peu près tous les changements, le principal étant la reconnaissance légale des vampires. Ajoutez à cela un accent caricatural et une voix extrêmement pénible ainsi que des réactions disproportionnées (elle est très souvent le seul personnage à paniquer avant même que quoique ce soit de surnaturel se produise), et on tient notre championne.


    Son excuse : à la fin de la saison 1 elle a l'agréable surprise d'apprendre que son petit ami est un serial killer, ce qui la traumatise durablement et la fait aussi reconsidérer ceux qu'elle regardait comme des "monstres". En outre, la série étant ce qu'elle est, Arlene accepte au fil du temps bon gré mal gré son quotidien de plus en plus fantastique.

  • Erica Noughton Nip/Tuck

    Interprète :Vanessa Redgrave


    Son palmarès : mère de Julia McNamara, Erica ne manque jamais une occasion de lui faire remarquer à quel point elle a raté sa vie en choisissant d'être une mère au foyer. Bien qu'elle soit une psy réputée, elle se montre à plusieurs reprises incroyablement immature (chirurgie esthétique pour redevenir désirable, ce qu'elle vérifie directement en couchant avec Christian Troy) mais c'est surtout lorsqu'elle se permet d'intervenir dans la vie de sa famille qu'elle fait le plus de dégâts, comme conseiller à son petit-fils incarcéré de devenir esclave sexuel afin de survivre ou encore s'accaparer la garde de sa petite fille avant de réaliser que son petit ami du moment a des fantasmes pédophiles à ses heures perdues.


    Son excuse : certes, cela lui arrive rarement, mais elle sait aussi reconnaître ses erreurs. Parfois. On peut aussi retenir sa peur à l'idée de vieillir, qui lui fait souvent prendre de mauvaises décisions.

  • Bonus : Britta Perry (Community)

    Interprète :Gillian Jacobs


    Son palmarès : en réalité, pas grand-chose. Seulement, Britta est le seul personnage qui n'évolue pas depuis la première saison et garde pratiquement toujours son gimmick de base, à savoir être la ringarde ennuyeuse du groupe qui fait rire à ses dépens, jamais plus. Le second mauvais point c'est qu'elle est toujours animée des meilleures intentions, et comme chacun sait, il n'y a rien de pire que ça. Sans surprise, ses meilleurs passages sont d'ailleurs ceux où elle s'éloigne exceptionnellement de sa nature profonde.


    Son excuse : dans tous les groupes il faut un bouc-émissaire, c'est injuste mais c'est le jeu.


    Voir aussi : Les anti-héros de série télé

Il y a peu, AMC a achevé la diffusion de la première moitié de l'ultime saison de Breaking Bad. Comme cela avait été le cas précédemment, des fans ont été consternés par l'évolution du personnage de Skyler, la femme du héros. Ce rejet fait beaucoup penser à celui du personnage de Lori dans la série The Walking Dead, régulièrement cible de moqueries (dans le meilleur des cas).

Force est de constater que si depuis des années les anti-héros ont envahi les séries américaines, cela s'accompagne souvent de personnages féminins qui sont, disons le franchement, souvent insupportables. Misogynie des scénaristes ? Possible, mais pas seulement : si le personnage principal est un enfoiré notoire, il lui faut un ou plusieurs obstacles dans son parcours, et c'est souvent là que ces figures féminines "nouvelle version" entrent en jeu, à la fois nécessaires à l'intrigue mais assez lourdingues pour le public.

Hystériques, nunuches ou ouvertement garces, petit panorama de ces héroïnes qu'on adore détester mais sans qui nos séries préférées ne seraient pas ce qu'elles sont.
 
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COMMENTAIRES
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vous pourriez rappeler le nom de la série avant le nom de l'interprète...
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Anonyme | le 05/10/2012 à 10h27 | Signaler un abus
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Très vrai pour l'inénarrable Janice Soprano, ou l'évolution de Margaret dans la saison 2 de Boardwalk Empire, par contre vous forcez un peu pour faire coller Daenerys et Lori au principe de la liste. Et surtout, il manque la terrible Helen Tigh de Battlestar Galactica, assez imbattable dans le genre pourtant.
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Anonyme | le 12/10/2012 à 15h46 | Signaler un abus
Votre réponse...
Skyler White est en effet une vraie casse-couilles, mais si mon mari fabriquait et vendant de la meth, peut être que je le serais aussi :)
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Anonyme | le 04/10/2012 à 16h22 | Signaler un abus
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