Les Roofers russes n'ont pas le vertigePour grimper à plusieurs centaines de mètres du sol, en France, il y a l’Homme araignée. Alain Robert a aussi enfanté une myriade de petits grimpeurs urbains en Russie. Là-bas, le mouvement des Roofers vit un énorme boum. Panorama de ces alpinistes des villes.
Par Guillaume Roche
Victime de son succèsLe roofing fait parler de lui depuis quelques années et passionne de plus en plus de jeunes russes. Une subculture boostée par les réseaux sociaux aujourd’hui victime de son succès car des publicitaires n’hésitent à la récupérer pour leurs réclames.
Le roofing compte quelques stars nées grâce à YouTube. Les plus audacieuses dans leur ascension des toits des villes russes, où Moscou figure en bonne place, engrangent des clics. Dans la vidéo ci-contre, Artem Pirniyazov grimpe au sommet du très stalinien immeuble Kotelnicheskaya. Il s’est livré à cette performance dans le courant du mois d’avril.
Une discipline dangereuseLe roofing se déroule à plus de cent mètres du sol, offre une vue imprenable du décorum urbain, mais reste dangereux : comme à la montagne (avec une corde en moins), si la prise n’est pas sûre, la chute mortelle est à prévoir en bout de course.
Une bonne condition physiqueLe roofing n’est pas non plus l’affaire de jeunes qui souhaitent en finir avec la vie. Plutôt conscients du danger de mort que représente cette escalade urbaine, ils racontent aux médias qui sont allés les interviewer qu’il faut beaucoup de préparation physique et de sang-froid.
Une nouvelle roulette russe ?On peut les comparer à un alpiniste qui cherche son chemin pour gravir un sommet. Le Sun, jamais avare en jeu de mot, va jusqu’à considérer le roofing comme une réinvention de la roulette russe. On pourrait même préciser que la prise de risque et par conséquent la mort font la beauté de ces sports extrêmes.
Une tournée des toitsMoscou, peut-être trop petite pour le désir de hauteur des roofers, n’est pas la seule ville de Russie qu’ils visitent lors de sessions pour conquérir de nouveaux toits à défaut de sommets.
Une certaine poésieOn peut déceler dans le roofing façon russe une certaine poésie. Une autre manière de voir le monde. Dimitri Yermakov déclarait au NY Times qu’escalader les toits permet de briser la routine du quotidien, s’échapper le temps de quelques heures des rues survoltées de Moscou qui vibrent au rythme du business sans bornes. Malheureusement, il faut aussi noter que la publicité a déjà fait ses choux gras de ces acrobates des hauteurs.
Opération mythoLe roofing demande aussi une sacrée dose de savoir-faire pour déjouer l’attention de la sécurité des immeubles. Les jeunes russes se font parfois passer pour une équipe de télévision pour pouvoir accéder aux toits. Les sessions se déroulent comme de véritables petites opérations commandos.
Une nouvelle mode ?Dans le courant du mois de mai, trois jeunes ont été arrêtés par la police car ils avaient escaladé un pont avant de piquer une tête dans la rivière qui coule quelques 350 mètres plus bas. Et comme l’été est plutôt lourd sous ces latitudes du globe, de nouveaux adeptes pourraient être tentés de se rafraîchir.
Un constructivisme des hauteursEn regardant ces photos, une certaine symétrie se dégage des lignes. Un air qui n’est pas sans rappeler des photos du Constructivisme russe avec une petite chose en plus : on voit une personne en équilibre au bord du vide. Le lecteur sujet au vertige aura certainement des picotements dans les mains.

Pour grimper à plusieurs centaines de mètres du sol, en France, il y a l’Homme araignée. Alain Robert a aussi enfanté une myriade de petits grimpeurs urbains en Russie. Là-bas, le mouvement des Roofers vit un énorme boum. Panorama de ces alpinistes des villes.
Par Guillaume Roche
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