Le Musée d’art gay de New York en 10 images

30/04/2012 - 15h39
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  • Le Musée d’art gay de New York en 10 images

    On y accède par une rue tranquille et arborée du quartier de Soho, à New York, en plein Manhattan. Le premier musée d’art gay au monde, le MOGLA, dont l’existence vient d’être officialisée par les autorités culturelles de la ville, est d’allure modeste mais élégante. Baie vitrée, chapiteaux corinthiens et briques rouges en façade. Cimaises blanches et salle scandée de colonnes une fois passée la porte.


    D’allure modeste, certes, mais qui renferme tout de même plus de 6000 œuvres : peintures, sculptures, dessins et surtout photographies d’artistes appartenant à la communauté LGBT, rassemblés depuis des années par ses deux fondateurs : J. Frederic Lohman et son partenaire Charles W. Leslie. A défaut d’avoir pu le visiter pour son inauguration le 12 avril dernier, voici un échantillon de la collection permanente, avec quelques perles rares de Robert Mapplethorpe et d’Andy Warhol.

  • Gun Titty de Tara White

    C’est avec humour que l’artiste Tara White (née en 1980) affuble une jeune fille sortant de la douche des attributs virils du chasseur du Midwest : fusil et casquette. Une façon pour elle d’aborder dans une même photographie ses thèmes de prédilection : les questions du genre, la violence des adolescents et l’Amérique rurale, en revisitant le nu et le portrait, genres privilégiés de "l’esthétique gay".


     

    Tara White, Gun Titty, série A Mid-Western 2008. Photographie numérique. Courtesy du MOGLA.

  • Three Men de Keith Haring

    A la différence de beaucoup d’autres artistes de son époque, Keith Haring affirme son homosexualité à travers ses œuvres. Comme ici avec cette scène de triolisme, ou dans la fresque réalisée pour le Centre LGBT de New York : Once Upon a Time. Il y dépeint l’âge d’or de la liberté sexuelle, l’avant Sida. Infesté par le VIH en 1988, il meurt à 31 ans après s’être engagé activement dans la lutte contre la maladie.


    Keith Haring, Three Men, 1980. Encre sur papier. Courtesy du MOGLA.

  • Victor Hugo’s Drag Party par Andy Warhol

    Cette sérigraphie (non signée) d’à peine 9 cm est un carton d’invitation réalisé par Andy Warhol pour la fête d’anniversaire de Victor Hugo, le compagnon de son ami et célèbre créateur de mode Halston. Victor Hugo (qui n’a rien à voir avec l’écrivain français sauf le nom !) a été le modèle de l’artiste pour l’occasion. Il porte une robe et des lunettes de soleil, en accord avec le dress code de la soirée. Les autres cartons d’invitation n’ont pas encore été retrouvés…


     

    Andy Warhol, Untitled (Halston Drag Party Invitation—model Victor Hugo), 1970. Sérigraphie. Courtesy du MOGLA.

  • Portrait de Frank Vickers par Robert Mapplethorpe

    Cette photographie datant des années 1970 met en scène Roger Koch, un célèbre acteur de porno gay des Studio Colt film. Le corps sculptural et puissant du modèle contraste avec la pose pudique choisie par l’artiste, les sous-vêtements féminins et la douceur du regard.


     

    Robert Mapplethorpe, Roger Koch aka Frank Vickers, Roger Series, 1970. Courtesy du MOGLA.

  • The Ovular par JEB

    Pendant plus de 30 ans, Joan E. Biren ou JEB a photographié et filmé sans relâche la vie des minorités sexuelles. "Mon travail a consisté à rendre visible ce qui ne l’était pas… et à montrer toute la diversité de la communauté LGBT", explique-t-elle, comme ici, où elle fait le récit en images d’un workshop de photo féministe, The Ovular. Son œuvre a aujourd’hui une valeur documentaire inestimable.

     

    JEB (Joan E. Biren), Photographers at the Ovular, a feminist photography workshop at Rootworks, 1980. Courtesy du MOGLA.

     

  • Phyllis and Del par Cyndy Warwick

    Cyndy Warwick parcourt régulièrement les Etats-Unis pour photographier, toujours en noir et blanc, les couples gays qui y résident. De portrait en portrait se dessine une cartographie affective et sociale de l’Amérique homosexuelle. Le cliché conservé au MOGLA immortalise les deux activistes américaines Phyllis et Del Lyon, figures emblématiques du combat contre l’homophobie.


     

    Cyndy Warwick, Phyllis and Del, 1999. Courtesy du MOGLA.

  • Les Trois Grâces de Del Grace Volcano

    En septembre 2012, le MOGLA présentera une grande rétrospective consacrée à l’artiste transgenre Del Grace Volcano. Son travail, peu connu aux Etats Unis (où il est pourtant né en 1957), a fait récemment l’objet d’expositions en Europe, à la Gallery of Modern Art de Londres et au Ludwig Museum de Cologne. Cet abolitionniste du genre, cet activateur de "mutations sublimes", revisite ici les trois grâces, un sujet cher à l’histoire de l’art. 


    Del Grace Volcano, The Three Graces, 1991. Courtesy de l’artiste.

  • Teenage Runners d'Arthur Tress

    Le MOGLA conserve quelques œuvres du célèbre photographe américain Arthur Tress, dont ce très beau cliché en noir et blanc de 1976, qui saisit au vol un moment de complicité entre deux jeunes sportifs. Le cadrage serré et le travail sur les ombres confèrent à cette scène banale une dimension secrète et intime, quasi sensuelle.

    Arthur Tress, Teenage Runners (Xavier), 1976. Courtesy du MOGLA.

  • Sunbathing on the Edge de Shelly Seccombe

    Présentée dans le cadre de l’exposition inaugurale du MOGLA, "The Piers: Art and Sex along the New York Waterfront" (5 avril - 7 juillet 2012), cette photographie de Shelly Seccombe a été prise sur les docks de New York, haut lieu de rencontre et de naturisme gay. Situés aux limites de Greenwich Village, les embarcadères ("piers" en anglais) de l’Hudson River deviennent dans les années 1970 la terre d’accueil des homosexuels en quête d’émancipation. En 1975, l’artiste Gordon Matta-Clark intervient sur le site en réalisant une de ses "percées" ou "Building Cuts" dans le mur côté fleuve du bâtiment abandonné. 


     

    Shelly Seccombe, Sunbathing on the Edge, Pier 52, 1978.

  • Stage Raising d’Angela Jimenez

    Entrée depuis peu dans les collections permanentes du MOGLA, avec sa série Stage Raising, Angela Jimenez travaille également comme photographe de presse. Elle collabore régulièrement avec le New York Times. Ses photos allient composition structurée, précision documentaire et force émotionnelle.


    Angela Jimenez, Stage Raising, 2008. Courtesy du MOGLA.

On y accède par une rue tranquille et arborée du quartier de Soho, à New York, en plein Manhattan. Le premier musée d’art gay au monde, le MOGLA, dont l’existence vient d’être officialisée par les autorités culturelles de la ville, est d’allure modeste mais élégante. Baie vitrée, chapiteaux corinthiens et briques rouges en façade. Cimaises blanches et salle scandée de colonnes une fois passée la porte.


D’allure modeste, certes, mais qui renferme tout de même plus de 6000 œuvres : peintures, sculptures, dessins et surtout photographies d’artistes appartenant à la communauté LGBT, rassemblés depuis des années par ses deux fondateurs : J. Frederic Lohman et son partenaire Charles W. Leslie. A défaut d’avoir pu le visiter pour son inauguration le 12 avril dernier, voici un échantillon de la collection permanente, avec quelques perles rares de Robert Mapplethorpe et d’Andy Warhol.

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