A en juger par le nombre de rock stars en tout genre qui se sont essayés à l'écriture, publier un livre est aux chanteurs ce qu'est pour les acteurs de cinéma l'enregistrement d'un album de chansons : un regret éternel en même temps que la recherche - souvent condamnée à l'échec - d'une légitimité dont leur art majeur les frustrerait. On pourrait penser qu'il n'y a qu'un pas à franchir pour passer du format pop song au format littéraire, mais rien n'est moins vrai : ce qui s'exprime sûrement en trois couplets et un refrain, porté par une mélodie plus ou moins sophistiquée, ressort souvent dans un état lamentable, couché sur le papier ou étiré en souvenirs ou en roman. Pour quelques réussites (on vantait les mérites récents du Tais-toi ou meurs de Mark Olivier Everett, le leader de Eels), combien compte-t-on de débâcles (les poèmes de Billy Corgan des Smashing Pumpkins, qu'on a pas retenus ici et pour cause) ? Un bon chanteur et un excellent parolier peuvent faire des livres désastreux. Il y a heureusement des exceptions à la règle. Pour l'exemple et la démonstration, petit panorama inégal des musiciens passés à l'écriture.