Toute de noir et blanc, intransigeante, radicale, misant sur le glaçant plutôt que sur le clinquant, cette 11e Biennale de Lyon, pensée par la commissaire argentine Victoria Noorthoorn, n'est pas d'un abord facile, mais charmera le visiteur épris de décors de fin du monde et d'oeuvres confinant à leur propre disparition. On est là fort loin du spectaculaire et de la jouissance esthétique facile. Placée sous le signe de la sobriété du sens et de la ténuité graphique, avec un titre, « Une terrible beauté est née », tiré de Yeats, la Biennale fait la part belle aux mots ceux de l'écrivain brésilien Augusto de Campos, notamment, que l'on retrouve inscrits un peu partout. Sans relief pour les uns, subtile pour les autres, la Biennale de Lyon 2011 est remarquable par sa cohérence, et s'harmonise assez bien avec la Biennale de Venise concomitante, qui elle aussi refuse la dictature de l'expo-show. Sélection d'oeuvres, parmi celles des quelques 80 artistes invités à la Sucrière, au Musée d'Art contemporain, à la Fondation Bullukian et sur le site de l'usine T.A.S.E. de Vaulx-en-Velin.11e Biennale de Lyon, « Une terrible beauté est né », du 15 septembre au 31 décembre 2011. www.labiennaledelyon.com