7 concepts de comédie à piquer aux Américains

14/09/2012 - 18h48
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  • 7 concepts de comédie à piquer aux Américains

    La comédie américaine regorge d'idées géniales. Avec Camille redouble,Noémie Lvosky s'en est souvenu en allant piquer celle du voyage dans le temps de Peggy Sue s'est mariée. En sept films et sept hypothétiques ou invraisemblables versions françaises, petit tour d'horizon de sept concept à piquer aux américains.

    Par Jérôme Dittmar

  • La boucle temporelle

    Le concept :

    La boucle temporelle

    Le film :

    Un jour sans fin de Harold Ramis

    Film concept par excellence, Un jour sans fin a fait de la boucle temporelle l'idée géniale d'une comédie sur la réalité. Tout en revivant à chaque fois la même journée, Bill Murray vit la possibilité d'une nouvelle histoire selon les embranchements qu'il prend ou anticipe. A chaque chemin correspond l'ascension vers un réenchantement et une critique des vanités. Chef d'oeuvre d'Harold Ramis, Un jour sans fin n'a jamais fait l'objet d'une réinterprétation. L'heure est venue ?    

    La version française :

    Que serait Un jour sans fin en hexagone ? Remplacez la bourgade du film de Ramis par une ville du sud de la France, et vous obtenez un cauchemar méridional avec accent en bonus. L'ex animateur météo de la version américaine, devenu un présentateur vedette d'une émission de variétés en tournée estivale, doit survivre à la répétition des mêmes blagues en plateau de Gad Elmaleh et Anne Roumanoff. Seul moyen d`échapper à l'enfer, trouver la femme qui voudra de lui pour que l'amour le délivre et lui permette de rentrer sur Paris.

  • L'enfant adulte

    Le concept :

    L'enfant adulte

    Le film :

    Big de Penny Marshall

    Sympathique quoique un peu anecdotique, Big est malgré tout resté comme l'un de ces films concepts mignons qui auront balisé les 80's. Mettre l'esprit d'un enfant dans un corps d'adulte (Tom Hanks, encore à l'âge propice), quel meilleur moyen pour créer des situations inopinées mettant en valeur l'innocence et la maturité ? Si les Américains ont déjà osé récupérer le concept (30 ans sinon rien, avec Jennifer Garner), pourquoi pas la France en panne d'inspiration ? 

    La version française :

    Big à la française, on se demande pourquoi personne n'y a encore pensé. Entre les mains d'Etienne Chatilliez (La vie est un long fleuve tranquille), «Comme un grand» avec Benoit Poelvoorde emmène le petit François au travers d'une aventure désopilante où dans la peau malencontreuse d'un beauf, il doit survivre à l'enfer familial et comprendre que parfois, il ne vaut mieux jamais grandir.

  • Le retour à l'âge d'or

    Le concept :

    Le retour à l'âge d'or

    Le film :

    Retour vers le futur de Robert Zemeckis

    On ne présente plus Retour vers le futur et son come back vers les 50's, âge d'or et tendre de toute une génération (Spielberg) qui a régénéré le concept le plus balisé de la SF. En voyageant dans le temps, Michael J. Fox saute une génération et rappelle d'où viennent les années 80 pour vivre (un peu) la nostalgie de nos pères. On se demande encore comment un tel scénario en or n'a pas pu être recyclé, même en douce.

    La version française :

    Martin, 16 ans, superstar des réseaux sociaux, tombe dans une faille spatio-temporelle suite à un projet dirigé par son prof de physique fan de Nirvana. Il revient au début des années 90, à une époque non connectée où son père passe ses journées sur sa Megadrive. Pour repartir dans le futur, il doit retourner au lycée retrouver son prof, fumeur de joints avec qui il se lie d'amitié, sans portable ni laptop. Avec James Huth (Brice de Nice) derrière la caméra, «Débranche» est le film de la génération ras le bol du numérique qui préfère l'époque post romantique de Kurt Cobain, à celle du SMS.  

  • Le conte moral nocturne

    Le concept :

    Le conte morale nocturne

    Le film :

    Fantômes en fête de Richard Donner

    Revisité par le vétéran Richard Donner, Le conte de Noël de Charles Dickens devient une farce géniale où Bill Murray, président sans scrupules d'une chaine de télé, voit son existence bouleversée la nuit où il diffuse une adaptation du conte. Malgré son classicisme, la fable morale sur l'égoïsme, la générosité et l'amour demeure indémodable et on cherche encore pourquoi le cinéma français ne l'a pas encore piquée.   

    La version française :

    Vingt ans après leur âge d'or, les Inconnus reviennent pour un ultime baroud d'honneur. Chacun dans le rôle de l'un des fantômes, les trois comiques viennent perturber la vie et la morale de Scrooge (héros du conte), patron d'une multinationale du luxe qui après une longue épreuve nocturne l'amenant des quartiers chics de Paris à la banlieue où il découvre le vrai sens de la vie, il finit par distribuer ses milliards aux Restos du coeur lors d'un final lacrymal où un joueur de foot millionnaire décide de suivre son exemple. Bourré de caméo réunissant les comiques français les mieux payés du moment, «La tronche de l'autre» vise les 10 millions d'entrées. Pépère.

  • Les minorités chez les bourgeois

    Le concept :

    Les minorités chez les bourgeois

     

    Le film :

     

    Le flic de Berverly Hills de Martin Brest

     

    La rue vs le luxe, la frime contre les nantis, les minorités s'incrustant chez les bourgeois, Le flic de Beverly Hills a donné aux années 80 l'une de ses images d'anthologie. Une comédie d'action (déjà un métissage), qui amenait un peu du passé et son poil à gratter (le héros black des 70's) dans un nouveau monde superficiel, hors du monde, majoritairement blanc et dictant les codes esthétiques de l'époque. L'heure de la réactualisation est arrivée ?

     

    La version française :

     

    Mais qu'attend donc Luc Besson pour produire son Flic de Beverly Hills ? Si Neuilly sa mère et Beur sur la ville lui doivent beaucoup, on s'étonne que l'auteur du Grand bleu n'ait pas encore pillé le concept pour une version banlieue bien opportuniste avec le nouveau poulain du Djamel Comedy Club. Tourné par Patrick Alessandrin (Banlieue 13 Ultimatum) sur un scénario de Luc Besson, «Les condés du 16ème» verrait un jeune flic du 93 intégrer le commissariat de l'arrondissement le plus chic de Paris, où entre blagues racistes et interventions auprès de la jeunesse dorée, il va devenir un héros à la cool avec un vrai code d'honneur. Aberrations garanties. 

  • Le blackout entre potes

    Le concept :

    Le blackout entre potes

     

    Le film :

     

    Very Bad Trip de Todd Philips

     

    Un enterrement de vie de garçon qui devient un remake potache de Blow Up de Michelangelo Antonioni (on poursuit l'image manquante, ici la super beuverie), tout le monde connait l'histoire de Very Bad Trip, succès surprise et monstre de l'été 2009. Comme ce n'est pas Nuit d'ivresse avec Josiane Balasko qui va nous faire relativiser la parenté du concept, on attend avec impatience qu'il soit importé. Ou pas.

     

    La version française :

     

    Dans «Europe», trois jeunes cadres parisiens partent pour Budapest fêter un enterrement de vie de garçon. Alcool à gogo, belles nanas, stage de tirs à la Kalachnikov, tout va bien jusqu'au moment fatidique, le trou noir, début d'une plongée dans un monde corrompu aux frontières mouvantes où le trip devient cauchemar. Ce qu'on croyait une comédie déjantée et cynique se transforme en critique radicale et amer de l'arrogance post coloniale des pays d'Europe de l'Ouest envers l'ancien bloc soviétique. Avec Michael Haneke derrière la caméra, «Europe» est sélectionné en compétition à Cannes. La version morale de Very Bad Trip.     

  • L'empire des crétins

    Le concept :

    L'empire des crétins

     

    Le film :

     

    Idiocracy de Mike Judge

     

    Distribué en catimini par la Fox qui a suicidé la sortie du film (égratignant le studio), Idiocracy reste pourtant l'une des comédies d'anticipation les plus amusantes des dix dernières années. Dans une Amérique dégénérée se nourrissant de boisson énergisante et où le président est un acteur porno, Idiocracy dresse un portrait joyeusement débile du pas si impossible futur du pays de l'Oncle Sam. Et la France ?

     

    La version française :

     

    Paris 2143, les Champs Elysées sont recouverts de sable. La ville a pris des allures de station balnéaire. Paris plage a été décrété permanente et étendue à toute l'agglomération. Les habitants ne vivent plus que de la vente de chouchous, de ballons ou de stage de noeuds nautiques pour des touristes asiatiques ou américains. L'appauvrissement généralisé a vu chuter drastiquement la natalité locale et la capitale culturelle est devenue celle des loisirs. Mais un homme, retrouvant un vieil ordinateur portable de 2012, va sauver la ville en créant une marée noire symbolique. Avec "Rive gauche" Cédric Klapish combine la SF de Peut-être et les ambitions politiques de Ma part du gâteau dans une satire soutenue par Canal Plus.

     

La comédie américaine regorge d'idées géniales. Avec Camille redouble,Noémie Lvosky s'en est souvenu en allant piquer celle du voyage dans le temps de Peggy Sue s'est mariée. En sept films et sept hypothétiques ou invraisemblables versions françaises, petit tour d'horizon de sept concepts à piquer aux américains.

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Oui refaisons encore et toujours les mêmes choses ! Faisons des remakes / suites / adaptations. Surtout ne pas innover, on risquerait de voir débarquer de nouvelles idées, et peut-être même parfois des bonnes...
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Anonyme | le 18/09/2012 à 19h07 | Signaler un abus
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Et pourquoi ne pas tout simplement faire confiance à l'imagination des scénaristes et réalisateurs français, très doués mais désargentés (surtout quand il ne font pas parti de la belle fammmmmille du cinéma français) ?
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Anonyme | le 14/09/2012 à 19h15 | Signaler un abus
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ENFIN quelqu'un qui écrit ce qui m'a fait bondir dès les 1ères secondes d'un "reportage" sur le film Evénement de cette année avec "Camille redouble".... Je me disais que le gars, là, qui pose des questions et qui parle du film va faire une référence au Peggy Sue .... nan... rien ... j'en entends parler depuis 1 semaine et personne ne le dit voila c'est fait. Merci :-)
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Anonyme | le 18/09/2012 à 08h41 | Signaler un abus
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