
Les semaines se suivent et se ressemblent. Un gros film américain (gros budget, gros effets) qu'on a même pas envie d'aller voir : Destination finale 2 (quelqu'un se rappelle-t-il du numéro un ?). Quelques films français plus ou moins intrigants : Mimi de Claire Simon, documentaire sur une femme nommée Mimi (si si) et Adieu Pays de Philippe Ramos pour les plutôt plus, et Dina d'Ole Bornedal (un nouveau film avec Gérard Depardieu ne prend-il donc jamais de vacances ?), Moi César, 10 ans et demi, 1,39m, le premier film de Richard Berry et Le Fils de Marie, de Carole Laure pour les plutôt moins. Comme on ne les a pas vus, on ne critiquera pas, mais l'instinct Vu, et apprécié, un film argentin qui vient confirmer une fois de plus que le ciné argentin brille en ce moment de tous ces feux : El Bonaerense de Pablo Trapedo. Et enfin, la plus belle des sorties, une reprise à ne pas rater : Les Proies de Don Siegel (chronique très prochainement), avec Clint Eastwood, ou comment un Clint blessé survit en milieu féminin hostile. Un chef d'oeuvre, pour résumer.Sortons pour finir de l'actualité cinématographique, puisque l'événement de la semaine ne s'y trouve pas. C'est à la Cinémathèque française, salle des Grands Boulevards que vous la trouverez, avec l'ouverture d'une rétrospective consacrée à Abel Ferrara. Une intégrale qui nous permettra de revoir sur grand écran des chef d'ouvre tels que The King of New York, Bad Lieutenant, Nos Funérailles, New Rose Hotel, mais aussi des inédits que le maître a réalisé pour la télé, des clips (California de Mylène Farmer, si si ). L'occasion de reconnaître que ce junkie souvent déconsidéré est bien l'un des cinéastes américains les plus importants à l'heure actuelle, dont l'oeuvre est d'une cohérence et d'une beauté magistrale. Génie crépusculaire, Ferrara signe de ses films tranchants une radicale autopsie de la société capitaliste mortifère dans laquelle nous vivons.