
Heureusement Chouchou est là pour redresser la barre financière. Pour sa deuxième semaine d'exploitation, il arrivait en tête du box-office avec 606 731 entrées (chiffre publié par Le Film Français). Pourtant, à écouter les spectateurs, il semble qu'il y ait de la déception dans l'air. « Tous ceux qui m'en ont parlé m'ont dit que c'était nul » me racontait ma tante. Cette brave dame, me direz-vous, n'est pas une référence. On se rend bien compte pourtant que le poids de « tous ceux » qui ont vu le film fait boule de neige, et entraîne, histoire d'avoir un sujet de discussion autour de la machine à café, nombre de badauds passifs qui aimeraient bien se faire rembourser leur ticket. Damned, le cinéma quelle injustice.Gageons à ce titre que la palme de l'événement ira cette semaine à Corps Impatients premier long métrage de Xavier Giannoli. Qui ça ? Xavier Giannoli ! Ce jeune réalisateur qui a déjà fait ses preuves avec ses courts-métrages en étant primé par un César et une Palme d'Or. Le film ne vous dit toujours rien ? Et si je vous rappelle que la fille de Johnny joue dedans. Vous remettez ? Sur l'affiche, son visage ressemble à celui d'un ange abîmé par la vie, comme tout droit sorti d'une nébuleuse. Laura Smet. Comme si dans ce regard effronté il y avait la fierté de la vérité de ce nom-là. Ni Hallyday, ni Baye, ni potiche, ni pimbêche, juste ce nom d'état civil loin d'un glamour auquel elle ne peut pourtant pas échapper. Cette jeune fille n'est pas la Laura que son père chantait au monde entier, qui donnait des soucis à son père qui se répandait dans la presse people, c'est juste une jeune fille toute simple, comme défaite du poids d'une lourde hérédité. Reste à savoir si tout cela ne tient pas de la pose et si cette fille d'actrice en est vraiment une... Réponse avec une chronique de Marie Mongard.Autre affiche intrigante, celle de Corps à Corps un film avec Emmanuelle Seigner et Philippe Torreton. Thriller français, il raconte l'histoire d'une strip-teaseuse confrontée au cauchemard. Une idée peu originale pour un film qui l'est peut-être. A suivre aussi la sortie du Nouveau Russe, dernier opus de Pavel Longuine, histoire d'un brillant scientifique qui plaque les tubes à essais pour rentrer dans la mafia... Cherchant toujours à faire le film politique qui le remettra sur le devant de la scène, Alan Parker, s'attaque avec La Vie de David Gale à un sujet épineux. Il dresse le portrait de la lutte contre la peine de mort aux Etats-Unis... On a vu pire. Plutôt que d'aller tout droit dans le prétentieux mais très bien fréquenté Shimkent Hotel de Charles de Meaux, on suivra les conseils de Matthieu Perrin avant de s'engager sur Les Chemins de la Liberté. Profitant de cette liberté de se pencher plus longuement sur un cinéma exigeant Hélène Raymond a rencontré Jean-Marie Straub et Danièle Huillet (lire l'entretien exclusif avec Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, avril 2003) qui reviennent aujourd'hui sur Le Retour du Fils Prodigue, un film qu'ils ont réalisé dans les années 70. De quoi échapper aux nombreuses pâtisseries cinématographiques bien trop lourdes en ces temps de diète.[illustration : Laura Smet in Les Corps impatients, © Pan Européenne Distribution Photo Stéphanie Di Giusto]