
En matière de séries TV, les USA règnent en maître : de la qualité d'écriture "HBO" (Sex and the city, Les Soprano, The Wire..) ou d'efficacité de mise en scène ( l'écurie Fox de 24h chrono, entre autres). Outre-Manche, une veine plus "vériste" et sociale tire pourtant largement son épingle du jeu. Sur des formats généralement plus courts, avec des mini-séries de cinq ou six épisodes, les Britanniques sont imbattables. Dans Sex Traffic (édité en DVD par les éditions Montparnasse), David Yates raconte la descente aux enfers de deux jeunes Moldaves vendues pour la prostitution, en Italie puis à Londres après Sarajevo, capitale du transit pour les filles de l'Est. On retrouve la mise en scène crue et le montage nerveux qu'on avait découvert dans l'excellente série State of play. Sur le principe du docu-fiction déjà utilisé dans Warriors par Peter Kominsky, un autre Britannique, Sex Traffic est filmé au plus près des corps, souvent en lumière naturelle, et ne pratique aucune esthétique de la violence . Sur le plan politique, la mini-série interroge la responsabilité des ONG et autres associations dans la poursuite d'un business qu'elles limitent mais entretiennent en refusant de voir la corruption de certains de leurs agents. Comme ce couple de responsables de l'antenne londonienne d'une ONG qui ne voit rien, pas même la tristesse et la rancune qu'entretient à son égard sa progéniture. Car au-delà de son strict propos, Sex Traffic parle plus largement d'un monde qui n'en finit plus de perdre ses enfants.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida
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