Rétro 2010 : Pourquoi j'ai été touchée par Les petits mouchoirs

27/12/2010 - 09h46
  • 0
Rétro 2010 : Pourquoi j'ai été touchée par Les petits mouchoirs

 

Cette année, nous avons décidé de partager avec nos lecteurs nos impressions cinéphiles les plus intimes. Au lieu de vous livrer des tops 10 de films bruts, les membres de la rédaction cinéma de Flu partagent une impression, un coup de coeur ou un rejet inattendu, parfois inavouable de leur point de vue, pour remettre un peu de sincérité dans leur bilan cinéma de l'année.

 

 

 

Alors voilà, guillaume Canet l'a fait, son film le plus personnel... après deux films !

 

Oui, mais voilà, une bande de trentenaires et leurs états d'âme compressés dans une maison de vacances idyllique alors qu'un de leur pote est sur son lit d'hôpital, cela suscite des émotions et des mots : prétentieux, larmoyant, arrogant, « mais pour qui se prend-il » et bien d'autres.Si tout n'est pas fait en finesse, si les moments sont parfois trop appuyés, si le lacrymal coule un peu à flot sur la pellicule, il n'est pourtant pas possible de tout jeter en bloc, de prendre un pack complet de ces petits mouchoirs pour n'en faire qu'un amas à jeter direct à la poubelle. Pourquoi pas ? Parce que, vous dis-je.

 

Ouverture. Plan séquence tenu, maintenu et même soutenu par un travail du son et de la gestion de la musique ambiante d'une boîte de nuit et une sortie à l'air libre et à la lumière du jour pour une conclusion brutale.L'ambiance est posée : le mec derrière la caméra sait filmer et le prouve, ce qui pour certains revêt de la prétention.

 

Taxer de prétention, une gestion habile de l'image, du son et, excusez-moi du peu d'une histoire mosaïquée de multiples personnages de plus de deux heures, n'est pas chose commune dans ce bas monde et dans ce, parfois, bien triste hexagone cinématographique.

 

Canet, lui, associe le tout. Alors, plutôt que prétentieux, je dirais que ses Petits Mouchoirs sont audacieux. Et heureusement que de l'audace il y en a encore un peu sur nos écrans français car les enchaînements de projections presse nous en font parfois un peu douter. Moi, Canet m'a réveillée mais pas à gros sabots bien lourds, avec des touches posées subtilement :- Une main que Gilles Lellouche pose sur le ventre de Marion Cotillard clope au bec : sans un mot, juste deux regards qui disent tout.- Une séparation dans un hall d'aéroport sans son, sans mot, des gestes uniquement pour une évidence.Des astuces qu'il ose exploiter là où même y penser n'aurait pas effleuré certains.

 

J'avoue, j'ai déjoué la larmoyance trop tape à l'oeil (avec en tête, la réunion de famille tristement finale) pour laisser monter l'émotion là où on l'attend moins, sur des observations de la vie habilement retranscrites. La scène de Roméo et Juliette que beaucoup auraient exploité pour un romantisme de conte de fées jusqu'au réveil réparateur de la belle, Canet lui, il la casse, fait redescendre son héros pour le ramener à la réalité : « ben non mon gars c'est pas aussi simple la vie ».

 

Alors de ces « adolescents attardés » (dixit TéléCinéObs), je ne retiens que les affres de la vie d'adulte et des relations amoureuses que l'on aurait pu reprocher soit dit en passant à bon nombre de réals ancienne génération tel un Lelouch, distillateur de sentiments.

 

Des erreurs il y en a, mais quel film peut se targuer de ne pas en être le sujet ?

 

Mon top 2010 :

 

1- L'Elite de Brooklyn2- Inception3- Soul Kitchen4- Les Petits Mouchoirs5- L'Homme qui voulait vivre sa vie6- Shutter Island7- Kick-Ass8- Sweet Valentine9- The Town10- Tamara Drewe

 

 

 

Vanessa Aubert

 

Vos commentaires

Toutes les rubriques
  • Cinéma
  • /
  • Société
  • /
  • Livres
  • /
  • Télé
  • /
  • Musique
  • /
  • Expos
  • /
  • Forum
articles les + lus
  • la télé qui vous veut du bien La feel good tv, la télé qui vous veut du bien
  • Ces choses à savoir avant un entretien d’embauche
  • BP : la faune marine mutante inquiète
  • Obiwan Kenobi arrêté par la police
  • Si Wes Anderson avait réalisé Battleship Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
  • Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse
  • Van Gogh, Dali et Picasso disséqués