Pronostics pour la Palme d'Or 2011 : faites vos jeux !

21/05/2011 - 12h34
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Dimanche soir, Cannes 2011, ce sera terminé. Ayant enfin vu tous les films de la compétition, on s'est amusé à élaborer ce tableau de pronostics avec des commentaires et des notes en guise de cote : de 1 (aucune chance) à 10 (Palme assurée). Turfistes, cinéphiles, amateurs de paris, faites vos jeux !

 

- La Piel que Habito, Pedro Almodovar : 5/10. Le grand Pedro a peu de chances de l'emporter avec ce film brillant mais mineur dans sa filmographie. Mais vu que le cinéaste espagnol n'a jamais eu la Palme, le jury pourrait faire un geste et lui donner le Prix de la mise en scène.- L'Apollonide - souvenirs de maison close, Bertrand Bonello : 2/10. Une bonne partie de la presse française l'a défendu, mais la presse internationale ne comprend pas ce beau film charnel sans "message". Un prix d'interprétation collectif pour les filles n'est pas inenvisageable.

 

- Footnote, Joseph Cedar : 1/10. Cette comédie sur une rivalité familiale entre chercheurs sur le Talmud a un défaut majeur : elle n'a fait rire personne. A moins d'un coup de coeur de De Niro, aucune chance de Palme.

 

- Pater, Alain Cavalier : 4/10. Les français adorent, la presse étrangère est plus circonspecte devant ce film politique drôle et inventif, mais peut-être trop franco-français pour le jury de Robert de Niro, dans lequel Alain Cavalier se prend pour le président de la République française et Vincent Lindon pour son Premier Ministre.

 

- Le Gamin au vélo, luc dardenne et Jean-Pierre Dardenne : 5/10. La critique aime toujours autant la fratrie belge, mais Robert De Niro osera-t-il donner aux Dardenne leur troisième Palme ? Ce serait une première, personne n'ayant jamais réussi le hat trick auparavant. Mais bon, deux trophées sur la cheminée, c'est suffisant, non ?

 

- Le Havre, Aki Kaurismaki : 8/10. Son Homme sans passé s'était fait coiffer au poteau par Le Pianiste en 2002. Le Havre, son premier film tourné en français, a ses chances, vu sa tonalité politique et son accueil critique unanime. Mais Kaurismaki paraissant parfait en Poulidor de Cannes, on lui prédit plutôt un Prix du Jury.

 

- Hanezu no Tsuki, Naomi Kawase : 1/10. Le film est très ambitieux, parfois très beau mais trop contemplatif, trop lent, trop décousu pour espérer briguer la Palme. Et puis si les films fragiles à la Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) pouvaient gagner deux années consécutives à Cannes, ça se saurait.

 

- Sleeping Beauty, Julia Leigh : 2/10. La presse a réservé un accueil froid à ce film lui-même dépourvu de chaleur. A part un prix de la mise en scène (l'esbrouffe peut payer) ou le prix d'interprétation féminine (Emily Browning est très bien), on ne voit pas bien ce que peut espérer Julia Leigh.

 

- Polisse, Maïwenn : 6/10. Beaucoup de critiques adorent la tonicité du film de Maïwenn sur le quotidien de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs), d'autres, moins nombreux semble-t-il, s'agacent de la démagogie embarrassante de ce catalogue de scènes maladroites qui sépare le monde en bons et mauvais musulmans, bons et mauvais pédophiles, etc. On voit mal une Palme française si peu de temps après Entre les murs. Le prix d'interprétation pour Joey Starr ?

 

- The Tree of Life, Terrence Malick : 9/10. Ultra-ambitieux, génial pour les uns, décevant pour les autres, le film de Malick provoque d'interminables discussions depuis lundi, ce qui est bon signe. Robert De Niro aura peut-être des scrupules à récompenser un Américain, mais ce serait idiot. Bref, The Tree of Life est un des favoris pour la Palme d'Or. Le seul ?

 

- Hara-Kiri : Death of a Samuraï, Takashi Miike : 2/10. Passionnant mais lent, minimaliste, ultra-violent par moments, le seul film en 3D de la compétition semble trop mal-aimable pour mettre d'accord un jury. Un prix du scénario ne nous choquerait cependant pas.

 

- We Need To Talk About Kevin, Lynne Ramsay : 1/10. Critiques mitigées, mais rarement dithyrambiques. A part le prix d'interprétation pour Tilda Swinton, le film a peu de chances de repartir avec un trophée.

 

- Habemus Papam, Nanni Moretti : 8/10. A part quelques journaux conservateurs qui n'ont pas goûté la savoureuse farce papale de Moretti, la critique est globalement excellente. Si la Palme lui échappe, 10 ans pile après celle raflée par La Chambre du fils, on voit mal le film repartir complètement bredouille. Michel Piccoli est en tout cas l'un des grands favoris pour le prix d'interprétation.

 

- Melancholia, Lars Von Trier : 4/10. Donne-t-on une Palme au (mauvais) film d'un cinéaste qui l'a déjà reçue par le passé, et qui plus est, vient d'être déclaré "persona non grata" à Cannes ? Bof. Mais bon, si Robert De Niro veut faire un petit bras d'honneur à Thierry Frémeaux, c'est l'occase.

 

- Michael, Markus Schleinzer : 0/10. Critiques souvent mauvaises et rarement très bonnes pour les plus indulgentes, pour ce film aux airs de sous-Haneke. Mais dans un rôle de "monstre à visage humain", l'acteur Michael Fuith peut toujours espérer quelque chose.

 

- The Artist de Michel Hazanavicius :  6/10. De tous les films français de la compétition, c'est celui qui a reçu le meilleur accueil de la critique internationale pour l'instant. Donc petite chance "cocorico" pour Hazanavicius, même si on voit assez mal ce brillant film muet gagner la Palme. Par contre, le Prix de la mise en scène, le Grand Prix ou un Prix d'interprétation pour Jean Dujardin restent probables.

 

- Drive, de Nicolas Winding Refn : 2/10. Cette série B pas désagréable, mais qui se prend au sérieux, n'a pas la tête d'une Palme. A part le prix de la mise en scène, pas grand chose à espérer pour NWR.

 

- This Must Be the Place, Paolo Sorrentino : 3/10. La performance de Sean Penn en Forrest Gump gothique ne devrait pas lui valoir un prix d'interprétation. Pour le reste, hormis un éventuel prix de la mise en scène (rappelons que Sorrentino avait obtenu le prix du Jury en 2008 avec Il Divo), ce road movie mineur ne peut pas nourrir beaucoup d'espoirs.

 

- Il était une fois en Anatolie, Nuri Bilge Ceylan. 1/10. "Ceylan, c'est lent", voici la blague qu'on ne cesse d'entendre depuis hier soir sur la Croisette. Grand Prix du Jury en 2003 pour Uzak, Prix de la mise en scène en 2008 pour Les Trois singes, le cinéaste turc aurait pu en 2011 attirer l'attention du Jury. Mais en s'enfermant dans un exercice de style policier de 2h40, aussi vain qu'ennuyeux, Ceylan ne peut pas espérer mieux qu'un Prix du scénario.

 

- La Source des femmes, Radu Mihaileanu. 5/10. Situé "quelque part entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient", le nouveau film du réalisateur du Concert montre des femmes faire la grève du sexe pour bénéficier de progrès techniques dans leur village. Certains y voient un puissant parallèle avec les révolutions arabes du printemps 2011 et imaginent De Niro donner la Palme d'Or pour cette dimension politique. Mais, pénalisé par une forme lourdingue, le film pourrait plus vraisemblablement valoir un prix collectif à son casting féminin (Leïla Bekhti, Hafsia Herzi, Biyouna).

 

Verdict demain soir !

 

Par Eric Vernay
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