
Comme on pouvait le craindre, The Social Network , notre grand favori à nous, n'a pas triomphé de cette 83e cérémonie des Oscars. Passé à côté des récompenses majeures, le chef d'oeuvre de David Fincher, aussi brillant artistiquement que pertinent culturellement, est très injustement passé à côté de l'Oscar du meilleur film.
Si nous avons tant aimé The Social Network, ce n'est pas uniquement pour son écriture au cordeau, sa brillante réalisation, son jeu d'acteur bluffant. C'est aussi et peut être surtout parce qu'il parlait de nous, de nos usages, de notre présent. Plutôt qu'une oeuvre incroyablement moderne et actuelle, l'Académie a choisi de récompenser Le Discours d'un roi, un film certes de qualité, mais d'un classicisme tel sur le fond et sur la forme qu'il aurait pu être réalisé n'importe quand dans les 80 dernières années. The Social Network au contraire, n'aurait pas pu exister il y a cinq ans. Arrivé à point nommé, au moment où Facebook a réellement explosé - sans même parler du rôle du réseau social dans les révolutions en cours dans le monde arabe -, le film de Fincher aurait pu être le symbole artistique de l'année.
L'Académie a choisi de confier la présentation de la cérémonie 2011 à de jeunes acteurs, James Franco et Anne Hathaway, dans le but d'attirer une audience plus jeune - un fiasco d'ailleurs. C'est pourtant l'Académie elle-même qui aurait mérité cette cure de jouvence. Repliée sur elle-même, figée comme les petites statuettes dorées, elle fait triompher le classicisme sur la modernité, la frilosité sur l'audace, et envoie un message décourageant pour la jeune génération de cinéastes qui aspirent à faire bouger les lignes d'un art centenaire qui, hier, paraissait bien son âge.
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