
Mesrine : L'Instinct de mort et Mesrine : L'Ennemi public n°1 pourraient bien faire le hold-up des recettes ciné pour la fin de l'année. Rythmés et magistralement interprétés (Vincent Cassel y impressionne dans toutes les facettes du gangster) les deux films sont aussi différents dans leur propos que similaires dans l'efficacité avec laquelle ils cognent le spectateur.
Il est donc bien possible que le diptyque de Jean-François Richet réussisse là où le cinéma français se crashe d'ordinaire assez artistement : réussir à proposer une oeuvre populaire et exigeante esthétiquement. Si L'instinct de mort s'inscrit plutôt dans la tradition du polar français, L'ennemi public n°1 -; qui narre la période où le gangster devient une véritable star - lorgne parfois vers le biopic hollywoodien façon martin Scorsese.
Empruntant également à francis ford Coppola (pour la biographie épique façon Le Parrain) ou à abel Ferrara (The King of New York pour la mégalomanie pychopathe du héros) Richet réussit à inscrire son oeuvre dans l'histoire du cinéma français et dans l'Histoire tout court : le premier épisode dessine en creux le portrait peu avantageux de la France des sixties, empêtrée dans le bourbier algérien et son refoulement collaborationniste.
La deuxième partie se déroule dix ans plus tard dans le pays de la peine de mort et des infâmes quartiers de haute sécurité. S'engouffrant sans complexe dans une certaine modernité spectaculaire -; érotisation des figures médiatiques, penchant abject pour la vacuité et l'horreur -; la France tutoie également d'assez près la violence armée aveugle qui ensanglante l'Europe à l'époque.A l'image d'un jacques Mesrine qui passera à quelques rafales du basculement révolutionnaire.
On exagère peut-être mais combinant le goût de l'action et de l'efficacité à une vision très réaliste du pays entre 1960 et 1980, le diptyque Mesrine pourrait bien plaire à des gens d'âge et de goût très différents. Et réussir en salles le plus joli casse de l'année.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida