Melancholia de Lars Von Trier : quand Festen rencontre Michael Bay

18/05/2011 - 16h37
Melancholia de Lars Von Trier : quand Festen rencontre Michael Bay

 

 

 

Pin-pon pin-pon, voilà le nouveau Lars Von Trier. Et c'est un film de SF. Grand film malade? Présenté en Compétition à Cannes, Melancholia, comme son tître l'indique, est une réflexion des plus sérieuses sur la mélancolie - le mal propre aux génies, hum hum suivez mon regard - que le cinéaste mégalo à choisi de traiter sous la forme d'un film catastrophe aux accents métaphysiques.

 

La planète Melancholia, jusqu'alors inconnue des hommes, doit transiter tout près de la Terre. Va-t-elle s'écraser ? Faux suspense. On sait dès le premier plan que ça va barder : des corps d'oiseaux morts tombent au ralenti autour du visage impassible de Kirsten Dunst, filmée en gros plan. Justine, jouée par l'actrice de Virgin suicides, est affligée de mélancolie, une dépression caractérisée par une perte de goût pour la vie qui mine salement sa soirée de mariage. Le dîner vire à la foire d'empoigne et aux réglements de comptes. Bref, Melancholia, c'est un peu Festen meets Michael Bay. L'humour en plus, du moins au début : après une intro kistch mais assez fascinante d'onctueux chaos décéléré, Lars Von Trier construit dans la première partie du film (consacrée au personnage de Kirsten Dunst) un petit théâtre familial à la cruauté assez mordante, bien résumée dans une scène burlesque où le couple de nouveaux mariés, en route pour leur noce, reste bêtement bloqué dans un virage avec sa limousine.

 

Loin de ce semblant de délicatesse esquissé par Von Trier, le reste du film, plus axé sur sa soeur Claire (Charlotte Gainsbourg), surplombe des personnages réduits, au choix, à de bien lisses figures tragiques (les femmes, of course), ou à de ridicules marionnettes masculines. La chronique bergmano-Dogmatique s'égare régulièrement dans un délire cosmico-métaphysique des plus boursoufflés, où symbolisme ronflant (références appuyées à Ophélie, Caravage, etc) et esthétisme publicitaire cohabitent joyeusement sur fond d'élans wagneriens et de fatalisme plombé. Tout ça pour nous dire qu'on a beau faire, la mort nous attend tous, à la fin. Pin-pon, pin-pon(tifiant).

 

Par Eric Vernay

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