
En Italie, alors que les élections législatives approchent à grand pas (les 9 et 10 avril), les artistes font feu de tout bois pour éviter la réélection de Silvio Berlusconi. Après un texte virulent de Umberto Eco sur le site Libertae e giustizia et les nombreux livres, pièces et films (dont Viva Zapatero, le seul sorti en France à ce jour) prenant ouvertement position contre lui, c'est au tour du Caïman, le nouveau film de Nanni Moretti, de mettre le feu aux poudres. L'histoire raconte l'ascension du dirigeant d'un empire médiatique qui, après avoir fait fortune dans l'immobilier, cherche à se faire élire au niveau national pour échapper à la prison. Le portrait ressemble à s'y m'éprendre au " Cavaliere " et Moretti ne dément en rien son intention satirique et pamphlétaire. Depuis La Chambre du fils, on pouvait penser que le cinéaste s'était éloigné de la politique. Le croire aurait été mal le connaître. Le samedi 25 mars, il apparaissait à la télévision après un silence cathodique de près de vingt ans. Il a certainement répondu aux nombreuses attaques qu'il subit depuis quelques jours. Ainsi, le débat fait rage autour de son film carnassier, dont le succès public est déjà assuré au vu des applaudissements ayant accompagné les premières séances, le 24 mars. Le film sélectionné pour le Festival de Cannes sera distribué chez nous à partir du 22 mai. En attendant, en France, où l'on produit des films sur De Gaulle et Mitterrand, ça sent bon la naphtaline.