
La mort d'Oussama Ben Laden après une traque de 10 ans est un happy ending comme Hollywood les aime, et ne manquera pas de l'exploiter copieusement dans les mois et années à venir. Mais à l'heure de l'annonce de la mort de l'ennemi public n°1, il est surprenant de constater que sur ce coup là, la réalité a été plus optimiste que la fiction, et vient perturber le scénario d'un film déjà en préparation, Kill Bin Laden, dans lequel l'oscarisée Kathryn Bigelow racontait une opération visant à tuer le chef d'Al Qaida, mais qui avait échoué.
La production du nouveau film de la réalisatrice de Démineurs est donc perturbée par cet événement qui modifie la fin de l'histoire, et sans doute sa mise en perspective, puisque l'idée initiale consistait à mettre en scène un échec. Après dix ans de tentatives avortées pour capturer le responsable des attentats du 11 septembre, Hollywood s'était résolu à mettre en scène l'impuissance de l'Amérique. Mais Bigelow peut-elle encore raconter cette histoire-là quand le monde, lui, vit un happy end ? Selon le Hollywood Reporter, la cinéaste et son co-scénariste Mark Boal prennent pour l'instant le temps de digérer l'information.
L'opération ayant abouti à la mort de Ben Laden - un raid par hélicoptères mené par les forces spéciales américaines -, préparée depuis plusieurs mois à la Maison Blanche, a tout du bon film d'action à suspense dans lequel l'Amérique sort triomphante, et le box office aussi. Un autre projet, depuis longtemps dans les cartons, pourrait être boosté par l'annonce de ce matin. La Paramount avait acheté en 2006 les droits de Jawbreaker, le livre d'un ancien de la CIA détaillant l'opération menée en décembre 2001 dans les montagnes de Tora Bora au cours de laquelle les forces américaines étaient passées très près de la capture de Ben Laden, mais avaient finalement échoué en laissant le soin aux forces tribales pakistaniases de poursuivre les recherches. Oliver Stone avait un temps été attaché à ce projet. Puis, selon Deadline, la Paramount aurait envisagé de ressusciter Jack Ryan, le personnage de Tom Clancy, pour l'occasion. Puis plus rien.
Quels que soient les studios, les réalisateurs et scénaristes impliqués, attendons-nous à une recrudescence du film patriotique en provenance d'Hollywood, qui aidera ainsi l'Amérique à panser ses plaies et à aposer un triomphant THE END sur cette sombre page de son histoire.
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