La Nostra Vita : modeste mélo social sur le deuil

20/05/2010 - 14h14
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La Nostra Vita : modeste mélo social sur le deuil

C'est pas qu'on s'ennuie devant La Nostra Vita, mais quand même : que vient faire ce modeste film de Daniele Luchetti en Compétition Officielle ? Pas d'audacieuse proposition de cinéma ici, mais un savoir-faire artisanal un peu désuet, de bons acteurs, et quelques bons sentiments aussi dans ce mélo social sur le deuil.

Certes, on pouvait attendre pire de ce film produit par la Rai de Berlusconi, le genre d'objet télévisuel consensuel et formaté type Le Rêve italien que la chaîne aime à voir sur ses écrans. Le film commence d'ailleurs avec une BO de variétoche transalpine insupportable, reprise en choeur à l'écran par un joli couple de pub Ikéa. Mais sur le fond, La Nostra Vita échappe ensuite à ce travers, tirant le portrait sans fard de l'Italie du "Cavaliere", minée par le racisme, l'individualisme forcené, la corruption et le travail au noir généralisé. Un contexte de déliquescence morale édifiant, qui forme la toile de fond très pessimiste de ce film aux accents réalistes.

 

Sur la forme, on reste plus sceptique. Filmant caméra à l'épaule, le réalisateur de Mon frère est fils unique (Un Certain Regard 2007) se contente de coller au train de son personnage principal, l'intenable Claudio (incarné par le lumineux Elio Germano, vu dans (Nine et Romanzo criminale). Laissé seul avec ses trois enfants depuis la mort en couche de sa compagne, le trentenaire continue à vivre comme si de rien n'était, ou presque, refusant de se laisser abattre. Jonglant entre la garde de ses gosses et la direction des immigrés de son chantier immobilier, il croit pouvoir régler tous ses problèmes par l'argent, y compris ceux concernant l'éducation, l'amour, le deuil et la pardon. C'est un ado roumain, fils d'un de ses ouvriers mort sur le chantier, qui lui fera comprendre son erreur.

 

A l'image d'un cinéma italien morose, La Nostra Vita souffre d'une absence presque totale de choix de mise en scène. Ni très émouvant, ni totalement barbant, le film de Daniele Luchetti opère dans le centre mou du cinéma mondial. Un "milieu" que la sélection officielle cannoise n'en finit pas d'explorer cette année.

 

Par Eric Vernay

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