L'affiche de la semaine : Micmacs vs Cineman

26/10/2009 - 14h17
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L'affiche de la semaine : Micmacs vs Cineman

 

 

Cette semaine, le passant assiste bon gré mal gré à un pachydermique et franco-franchouillard duel d'affiches : Micmacs à tire-larigot de Jean-Pierre Jeunet Vs Cinéman de Yann Moix. Les deux favoris et concurrents pour le nouveau César des pépètes qui devrait (in)vraisemblablement être décerné par Dany Boon en 2010 se livrent à une lutte sans merci.

 

 

Et puisqu'on est entre gens décomplexés, parlons peu, parlons chiffres : pas moins de 11 affiches côté Jeunet, contre plus d'une douzaine côté Moix. Micmacs la joue humble et démocratique : chaque personnage a droit à son morceau de papier collé au mur. Si la star Boon se réserve le poster officiel (rapport au succès historique des Ch'tis) et les comiques Julie Ferrier/Omar Sy les meilleurs emplacements dans le métro, les outsiders Michel Cremades et Marie-Julie Baup peuvent quand même se targuer d'avoir une affiche de même taille que les autres, à leur nom (peu vendeur) et sans faute d'orthographe.

 

Avec sa campagne de teasing massive lancée dès août (12 affiches pastichant Scarface, Jurassic Park, Trainspotting, E.T. l'Extraterrestre, etc.) Cineman n'a pas non plus mégoté sur le battage marketing : la face peinturlurée en Tarzan (poster officiel) de son unique star Frank Dubosc tapisse actuellement les 3/4 des panneaux publicitaires français, assortie d'une tagline très peu drôle.

 

Mais puisqu'on est entre artistes, parlons (aussi un peu) Beau : les deux affiches échouent sur ce créneau (kitsch du pastiche chez Moix, teintes pipi caca d'oie chez Jeunet) Pas grave : le succès des deux films ne se joue pas (uniquement) là. Ce qu'il faut pour attirer le péquin, c'est caresser l'inconscient collectif dans le bon sens du poil. Lui rappeller des bons souvenirs. Ne jamais le brusquer. L'amener là où il se sent le mieux : en TERRAIN CONNU. Pour Jeunet, c'est facile : Boon (plus de 20 millions de fans avec les Ch'tis) + esthétique brocanteur d'Amélie Poulain (plus de 9 millions d'entrées, sans compter les DVD et son rayonnement touristique dans le quartier de Montmartre) = gros potentiel en euros. Cinéman y va plus franco dans le "no risky business", revisitant (après les poses de Claude François dans Podium) l'imagerie de grands classiques du 7e art avec l'acteur bankable de Camping (et bientôt Camping 2) : mimé par Dubosc (à défaut de Benoit Poelvoorde, embrouillé avec Moix) sur l'une des affiches officielles, la star du muet Harold Loyd doit se retourner dans sa tombe. "Quand les petits s'attaquent aux grands...", commente (involontairement), la tagline un poil démago du Jeunet, soudain caustique.

 

Les affiches ont parlé, place au

cinéma

box-office !

 

Par Eric Vernay

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