
Pour les non-lecteurs de JK Rowling (une espèce en voie d'extinction dans les transports en commun), la saga Harry Potter renvoie immédiatement à un imaginaire gentillet peuplé d'ogres bougons, de fantômes farceurs et de sorcières bien-aimées. Une vision confortée par les trois premières adaptations ciné de l'oeuvre, réalisées ou produites par le type qui a révélé Macauley Culkin. Alors quand le non-lecteur de JK Rowling accompagne son rédac chef (grand fan) voir l'épisode 4, il ne s'attend pas aux palpitations cardiaques qu'il va subir pendant 2h35.Harry Potter et la coupe de feu fout les jetons. Oubliez les écoliers qui font mumuse avec leur baguette ; entrés dans l'adolescence, les voici en proie à la cruauté des adultes mais aussi d'eux-mêmes. Le jeune sorcier binoclard devient ainsi le souffre-douleur de Poudlard tandis que les profs n'hésitent plus à torturer leurs élèves. On leur apprend à persécuter, on les ligote au fond d'un lac pour les besoins d'un tournoi, on les incite à s'entretuer. Le sadisme qui était autrefois limité au professeur Rogue (Alan Rickman) contamine tout l'univers Potter. Si Mike Newell tente vainement de désamorcer l'angoisse par quelques scènes de comédie anglaise, les codes du film d'horreur sont là (un personnage tranche sa main, un élève est assassiné dans un cimetière...). Comme dans Ca de Stephen King, les peurs de l'enfance se matérialisent, véhiculées par les symboles même de la confiance : un clown pour l'un, des profs pour l'autre. Et le spectateur de se retrouver plongé dans le noir, à la recherche de l'interrupteur...Harry Potter et la Coupe de FeuMike Newell, 2005Sortie salles France : 30 novembre 2005Trailer
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