
23h, et la valise toujours pas bouclée... Pas grave, Rita m'a précédé. Demain, départ à 7h20 du mat' pour la rejoindre au FID ; d'ailleurs, elle vous en a déjà parlé. Manu, lui, reste à la maison : pas encore encaissé son retour de Cannes et les triples Hawaï de Jockos, la barman du Martinez. Du coup, Rita et moi, c'est sûr, on va se sentir un peu orphelins. Mais bon, il y a les calanques, le Vieux-Port, la plus belle lumière tombante de la côte sud, et le soleil qui se reflète dans les lunettes de Rita. La nuit tombée, des projections. Les compétitions, française et internationale. Et aussi des vieilles pelloches. Notamment, de ce mec-là. Un cinéaste que j'avais rencontré sans le savoir, au détour d'un film inoubliable du groupe Dziga-Vertov, avec Godard : présence vive, à l'écran, des fedayins palestiniens massacrés lors de Septembre noir, et dont l'image survit jusqu'à présent. Jean-Pierre Gorin présente trois films somptueux, paraît-il, à Marseille. Tournés aux Etats-Unis, sur la côte ouest, non loin de San Diego. Là où il y a la liberté. La route. Le ciel. Et le soleil toujours, rayonnant comme une promesse dans les yeux de Rita.
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