
Arrivée à 11h ce matin en gare Saint-Charles. Il fait une chaleur écrasante sur le quartier du Panier, de l'autre côté du Vieux-Port, face au Théâtre de la Criée où le FID a élu domicile. Un temps idéal pour s'engouffrer immédiatement dans les salles obscures, et voir pour commencer Made in China, de Julien Selleron, en compétition internationale. A partir de son tournage sur The World, son dernier opus, très beau portrait du cinéaste Jia Zhang-Ke en défricheur de liberté dans la société chinoise. Comment un tournage "sauvage" dans les rues de Fenyang (province de Shanxi) provoque la curiosité incrédule des passants, littéralement figés devant cette caméra transgressive au milieu des années 1990 (Xiao Wu, 1997). Comment un public européen cinéphile constitue un tiers regard pour des films interdits en Chine, et permet à une jeune société chinoise d'exercer sa liberté en images (Platform, 1999 ; Plaisirs inconnus, 2001). Comment Jia Zhang-Ke lui-même, contemplant son propre reflet dans le verre de sa caméra, prend conscience de son travail de réalisation d'une image de la société chinoise en pleine mutation (The World, 2005).Un peu plus tard, Debord, In girum... (à suivre...). Un véritable choc. En sortant, besoin de prendre l'air. Mais la moiteur est telle dans les rues de Marseille que l'atmosphère devient étouffante, et la parole se fait rare. Assise derrière un table ronde, Rita avale son café, se lève et s'éclipse dans les ruelles ombrées de la vieille ville pour retourner en projo. Au fond de sa tasse, un rayon de soleil se niche, encore et toujours. Fort. Eclatant.
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