
Quelque part dans la mer de Bering, perdu au milieu de l'archipel des Aléoutiennes, se trouve une île au nom improbable : Unalaska (littéralement "non-Alaska"). En ce lieu qui n'est même plus l'Alaska, donc, qui est un bout de terre glacial paumé entre Amérique et Russie, se situe pourtant un des plus grands ports de pêche du monde : Dutch Harbor. Le film éponyme de Braden King et Laura Moya, qui sort en salles demain, raconte l'histoire de ce port, la disparition progressive de sa population autochtone, les batailles aériennes et navales qu'il vécut pendant la seconde guerre mondiale, l'influence des grandes évolutions mondiales de la pêche sur la vie locale. Le tout, raconté par des habitants du port, ou par des artistes américains ayant voyagé là-bas. Si le film est à voir, peut-être, ce n'est pas tant pour ce qu'il dit de ce lieu reculé - l'histoire en est certes originale, mais comment pourrait-il en être autrement ? - que pour la lancinante musique originale du Boxhead Ensemble. Et surtout pour la plastique des images, suggérant par un noir et blanc nébuleux l'incertitude des hommes plongés dans l'immensité de ces paysages hostiles et beaux.Dutch Harbor, la où la mer vient s'éteindreBraden King et Laura Moya, 1998Sortie salles France : 23 novembre 2005
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