
A l'issue de la projection du superbe Tetro, présenté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs, Francis Ford Coppola (accompagné de l'équipe de film, de gauche à droite en partant de sa chemise jaune : Alden Ehrenreich, Maribel Verdu et Roman Coppola) s'est gentiment plié à l'exercice de la conférence de presse. Extraits :
Après Les Gens de la pluie et Conversation secrète, Tetro est seulement le troisième film de votre carrière pour lequel vous êtes aussi le scénariste. C'est le plus personnel ?
Je l'ai écrit à mes heures perdues, sur d'autres tournages, pendant des années. Quand j'ai réalisé Le Parrain et Dracula, je ne me considérais pas comme l'auteur unique de ces films. Car au cinéma, le travail le plus difficile, essentiel, est le travail d'écriture. Donc pour le Parrain et Dracula, je mettais le nom de Mario Puzzo et celui de Bram Stoker en avant, en tête du générique, en espérant qu'un jour le mien tiendrait cette place lui aussi...
A l'origine, ce ne devait pas être Vincent Gallo, mais Matt Dillon, pour le premier rôle...
Oui, j'ai écrit le rôle pour Matt Dillon. Mais c'est un acteur très demandé, et obtenir de lui quatre mois de disponibilité pour un tournage en Argentine ne va malheureusement pas de soi.
Javier Bardem devait lui aussi participer au film, non ?
Oui, mais ce n'est pas la même chose que pour Matt Dillon. Car cette fois, l'initiative venait de Javier, qui voulait jouer dans mon film. Il devait jouer le rôle du critique littéraire. Mais entre temps, Javier a gagné un Oscar, et changé ses priorités. En plus de Tetro, il a aussi annulé Nine (de Rob Marshall, avec Daniel Day Lewis). Finalement, après son désistement, j'ai changé le rôle du critique littéraire. J'en ai fait un rôle de femme : ça m'a donné la chance de travailler avec Carmen Maura.
Pouvez-vous revenir sur les tribulations de Tetro, passé de la Selection Officielle à la Quinzaine des réalisateurs ?
La situation pour Tetro est très proche de ce qui m'était déjà arrivé à Cannes, pour Apocalypse Now (1979) : à l'époque, Apocalypse n'était pas près pour la compétition, car pas tout à fait terminé. On m'avait alors proposé de le montrer hors compétition, mais avec une belle projection de gala, costumes et tapis rouge. J'avais dit non. Finalement, le film avait été présenté en compétition. Pour Tetro, pareil, on m'a proposé d'être "hors compétition", j'ai dit "non à la soirée de gala, je veux être en compétition". Je n'étais pas dans l'esprit smoking, tapis rouge, etc. Surtout pour Tetro : le cadre de la Quinzaine est à mon avis bien plus propice pour présenter mon film, très personnel et indépendant.
Màj : lire la critique de Tetro, aveuglant de classe.
Par Eric Vernay Follow @ericvernay