
La chanson de Casino Royale a enfin été divulguée. Et ce n'est pas merveilleux du tout. C'est même plutôt piteux. En attendant de voir le générique qui l'accompagne, rapide retour sur les heures de gloire des génériques bondiens, à la faveur d'une page qui associe de manière heureuse affiches et musiques des 21 titres de la série (plus le Jamais plus jamais non officiel).Ainsi si chaque James Bond a son méchant, ses gadgets et ses pin-ups, il a également sa chanson de générique. Plus de quarante ans que ça dure - à croire que le vodka Martiny, ça conserve - et à chaque fois (ou presque, puisque le premier de la série, J. B. contre Dr No, fait exception à la règle), on a droit à une ritournelle pleine de guitares, violons et cuivres explosifs. Malgré une pléthore de chansons vite entendues, vite oubliées, quelques unes sont devenues des classiques (Goldfinger de Shirley Bassey et Live and let die de Paul McCartney and the wings), sinon des tubes souvent imités et qu'on ne se lasse pas d'écouter - c'est du moins mon cas (Thunderball de Tom Jones, We have all the time in the world de Louis Armstrong, dans Au Service secret de sa majesté, ou You only live twice de Nancy Sinatra, récemment récupérée par Robbie Williams).Jusqu'à la fin des années 1980, c'est John Barry (l'autre J.B.) qui se coltinait la plupart du temps l'orchestration - d'où la récurrence des cuivres et autres trompettes, dont il était friand. Après un pitoyable passage par la techno d'Eric Serra (Goldeneye), on est revenu à une certaine grandeur avec les B.O. composées par David Arnold, très "en hommage à" mais néanmoins assez inspirées. Avec lui, les chansons sont redevenues ce mélange de rythmes saccadés et de mélopées romantiques (sirupeuses?) si caractéristiques. Car un Bond, ça se reconnait à l'image, mais également au son. Aussi, même si le Die another day de Madonna était plutôt à côté de la plaque, on pouvait attendre un intéressant renouvellement de Casino Royale, présenté comme le film de la (re)naissance. Et là, patatra, on tombe de haut. La chanson écrite, composée et interprétée par Chris Cornell (illus. dte), leader de Soundgarden et Audioslave, est catastrophique. Avec son refrain-titre minable (You know my name) et sa voix gueularde, on en viendrait presque à pleurer, tellement elle ne ressemble à rien. Serait-elle à l'image du nouvel opus? Espérons que non, même si elle apportera de l'eau au moulin des détracteurs du film. Plus que 30 jours pour le savoir...