
Premier long métrage d'Amos Gitaï, Beit ("la maison" en hébreu, et également en arabe) est projeté demain lors d'une soirée consacrée au réalisateur dans le cadre du festival "La société isréalienne vue par ses cinéastes documentaires" à Confluences (Paris 20e). Produit par la télévision israélienne en 1980, ce film se penche sur le devenir d'une maison à Jérusalem, ancienne propriété d'un médecin palestinien exproprié après la victoire de Tsahal en 1967. Mais loin de glorifier cet acte d'annexion et de célébrer les nouveaux occupants de la maison, Gitaï se penche au contraire sur le sort des ouvriers palestiniens chargés de sa reconstruction, travaillant de ce fait à leur propre négation en tant que peuple. En 1980 - alors que commençait pourtant à poindre une génération de "nouveaux historiens" dans l'Etat hébreu -, la télévision israélienne n'avait guère apprécié cette vision des choses et avait bloqué la diffusion du film. La version projetée demain est donc une VHS pirate récupérée par le cinéaste et kinéscopée en 35 mm. Avant d'aller voir ce film magnifique, aussi ambitieux dans sa forme que transgressif dans son propos, on pourra également en apprendre un peu plus ici.[illus. Amos Gitaï sur le tournage de "Beit" (1980)]
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