
Rencontre entre la chronique familiale et le film d'horreur, We Need to Talk About Kevin ferait un parfait tract anti-natalité. A coups d'angoissants flash-backs, l'écossaise Lynne Ramsay montre comment la relation destructrice entre une mère (Tilda Swinton) et son fils peut venir à bout du cercle familial.
Si l'objectif du film - adapté du roman de Lionel Shriver Il faut qu'on parle de Kevin - est de semer le doute sur le partage des culpabilités, entre un père trop laxiste (John C. Reilly), une mère impatiente et un fils insolent, la figure de l'enfant n'en reste pas moins associée à celle du monstre. Filmé à différents âges, de sa naissance à sa majorité, Kevin prend donc plusieurs visages et s'avère à chaque fois aussi imprévisible que manipulateur. Refusant d'écouter les leçons de calcul de sa mère, se moquant ouvertement d'elle, lui adressant des regards assassins, manipulant sans cesse les sentiments de son père pour mieux diviser le couple de parents, agressant sa soeur cadette, le diabolique Kevin cherche sans cesse à faire payer quelque chose à ses géniteurs.
Très ambitieux sur le plan formel mais parfois trop répétitif dans ses effets, We Need to Talk About Kevin (présenté en compétition officielle) marque l'esprit du spectateur en développant jusqu'à la moelle l'idée selon laquelle l'éducation d'un enfant n'est pas une partie de plaisir...

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