
Présenté aujourd'hui à Cannes en compétition officielle, This Must Be the Place fait de Sean Penn une ancienne rock-star grimée en Robert Smith. Cheyenne - c'est son nom - vit à Dublin avec sa femme sapeur-pompier (Frances McDormand). Lorsqu'il apprend que son père, tout juste décédé, a durant toute sa vie cherché à retrouver le nazi qui l'avait humilié dans un camp de concentration, Cheyenne part sur les traces de ce dernier, au coeur des Etats-Unis.
En lieu et place du sulfureux film de vengeance que certains attendaient, Paolo Sorrentino offre ici un étrange road-movie au ton comique. Avec sa diction puérile et neurasthénique, le personnage de Cheyenne évoque une version gothique de Forrest Gump. Gentil avec tous les gens qu'il croise et doté d'un rire grotesque, Cheyenne est un grand enfant qui continue à se chercher une identité à 50 ans passés. Sean Penn essaie tant bien que mal de faire vivre son personnage, mais quand on le voit jouer au ping-pong comme un gamin hilare, on se dit qu'un Prix d'interprétation masculine serait bien trop généreux...
Surtout concentré sur sa mise en scène chiadée, Paolo Sorrentino peine ici à traiter ses sujets avec force et cohérence. Totalement mis en retrait, le lien de Cheyenne avec le rock laisse place à une séquence finale faussement ambigüe. Déconcertant, This Must Be the Place n'égale clairement pas la réussite d'Il Divo, Prix du Jury au Festival de Cannes 2008...
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