
Le sélection Un Certain Regard avait de l'allure encore cette année, avec des têtes d'affiches telles que Hong Sang-soo, Gus Van Sant, Robert Guédiguian ou Bruno Dumont. L'intégralité des films de cette sélection parallèle du Festival de Cannes sera reprise du mercredi 25 mai au mardi 3 juin au Reflet Médicis à Paris. Voici, parmi ces 21 longs-métrages, nos 5 coups de coeur.
Film-rencontre entre le réalisateur singapourien Eric Khoo (My Magic, Be with me) et le mangaka japonais inventeur, dans les 50's, du "gejika", une forme de bande-dessinée pour adulte portée vers le drame. Premier film d'animation de Khoo, Tatsumi livre, à travers l'adaptation de cinq short stories cruelles, un émouvant hommage à l'univers trivial et désenchanté du pionnier nippon.
2.Restless, de Gus Van Sant
Certains se rencontrent aux mariages, d'autres aux enterrements. Malgré son sujet propice au pathos, Restless, le nouveau film de Gus Van Sant n'est jamais morbide. Une grâcieuse fantaisie imprègne en effet cette comédie romantique placée sous le signe de la perte, illuminée par la présence de Henry Hopper (fils de Dennis Hopper) et Mia Wasikowska, qui crève l'écran en femme-enfant au sourire gourmand, coiffée à la garçonne comme Jean Seberg.
3.L'Exercice de l'Etat de Pierre Schoeller
Centré sur le personnage de Bertrand Saint-Jean (Olivier Gourmet), ministre des Transports de la République française, L'Exercice de l'Etat montre comment le contact quotidien avec les responsabilités politiques accapare entièrement la conscience et le corps des hommes. Usant d'une mise en scène terrifiante dans sa façon d'acculer les personnages, Pierre Schoeller (Versailles) dépasse la bête description des rivalités pour montrer à quel point un portefeuille ministériel fait flirter avec la folie. Tout le contraire de La Conquête...
4.The Day He Arrives de Hong Sang-Soo
Le réalisateur coréen de Les Femmes de mes amis continue son travail d'épure et de déconstruction entamé dans Hahaha, prix Un Certain Regard l'an dernier, pour raconter l'histoire d'un homme qui revient à Séoul. Un nouvel enchantement en noir et blanc, aussi désopilant que cruel et doucement désenchanté.
5.Bonsai de Cristian Jimenez
Julio retranscrit le roman d'un grand écrivain, mais celui-ci le remplace bientôt par quelqu'un de moins cher. Julio décide alors d'écrire un ersatz du manuscrit, en l'impregnant de ses propres souvenirs d'étudiants. Valsant entre passé et présent, le deuxième film du chilien Cristian Jimenez (Ilusiones Opticas) séduit par son flegme drôlatique, à l'image de son héros, écrivain raté qui trouve sa voix littéraire dans l'imposture.
Le reste de la programmation est ici. Pour rappel, le jury cannois a (exceptionnellement) décerné un double prix cette année, le prix Un Certain Regard revenant à Arirang du Sud-coréen Kim Ki-Duk et à Arrêt en pleine voie de l'Allemand Andreas Dresen, ex-aequo.
Par Eric Vernay Follow @ericvernay
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