
Arthur Penn, metteur en scène de théâtre et réalisateur de cinéma et de télé, est mort mardi soir à l'âge de 88 ans. S'il n'avait plus beaucoup tourné depuis les années 1980, il n'en a pas moins changé l'histoire du cinéma américain avec le mythique Bonnie and Clyde.
L'adaptation des aventures sulfureuses du couple de braqueurs scandalisa à sa sortie en salles (en 1967) une critique peu habituée à un traitement frontal du sexe et de la violence. Pourtant, le public, surtout jeune, fut conquis, et le film reçut 10 nominations aux Oscars (il n'en remporta que deux). Avec Bonnie and Clyde, Penn a posé les bases du Nouvel Hollywood, l'équivalent américain de la Nouvelle Vague française, en libérant l'industrie du cinéma américain de ses carcans et en ouvrant une brèche artistique majeure : suivirent Dennis Hopper (Easy Rider), Sam Peckinpah (La Horde sauvage), et tout le cinéma des années 1970, martin Scorsese et francis ford coppola en tête.
Outre ce chef d'oeuvre séminal, Arthur Penn, s'il a été peu prolifique en près 50 ans de carrière, a plusieurs fois marqué les esprits en s'attaquant à l'Amérique et ses valeurs. On lui doit également Little Big Man (1970), une étrange fable où Dustin Hoffman incarne un blanc pris entre ses origines et sa famille d'adoption indienne. Ou encore La Fugue, un polar noir et désenchanté interprété par Gene Hackman.
Versant moins connu de sa carrière, Penn fut le conseiller de John Kennedy lors du débat crucial qui l'opposa à Richard Nixon en 1960. Selon le New York Times, les conseils du cinéaste au futur président américain (regarder droit vers la caméra, formuler des réponses claires et concises), auraient largement participé à façonner son aura et, qui sait, à remporter l'élection.
Arthur Penn aurait donc non seulement changé l'histoire du cinéma américain, mais également, peut-être, l'histoire américaine tout court.
Voici la bande-annonce de Bonnie and Clyde :
(Lire aussi l'excellent article du New York Times sur Arthur Penn)