Quand Belmondo se fâchait avec Cannes et la critique

17/05/2011 - 17h35
Quand Belmondo se fâchait avec Cannes et la critique

Le Festival de Cannes rend aujourd'hui à Belmondo un hommage tardif, déroulant le tapis rouge pour "un des plus grands comédiens français de tous les temps", selon les mots de Thierry Frémaux. Pourtant, l'acteur n'a pas toujours eu les honneurs de la critique en général, et de Cannes en particulier, restant longtemps fâché avec un monde qui l'avait boudé.

L'histoire entre Belmondo et Cannes commence mal. En 1960, l'acteur encore peu connu monte les marches pour la première fois pour Moderato cantabile. Le film de Peter Brook dans lequel il partage l'affiche avec Jeanne Moreau est hué lors de sa projection. Il ne retourne sur la Croisette que 14 ans plus tard pour Stavisky, qui lui tient particulièrement à coeur puisqu'en plus d'y tenir le premier rôle, il est aussi co-producteur du film d'Alain Resnais. A cette occasion, il évoque sa première expérience cannoise, qui est aussi sa première déception :

 

 

Deuxième expérience, deuxième échec : les critiques ne sont pas plus tendre avec ce film, dans lequel l'acteur revenait pourtant à un rôle plus sérieux, après queques escapades chez Philippe de Broca notamment. « Je ne voulais pas que le film aille à Cannes. On m'a persuadé du contraire. Un massacre ! Resnais n'avait pas tourné depuis cinq ans et c'est la seule fois où il s'est fait traîner dans la merde. (...) Les critiques ne m'ont jamais empêché de dormir, sauf sur Stavisky. Il y a eu un tel déchaînement. Là, j'ai dit: "C'est vraiment des cons !" ». 

 

Cet échec a grandement contribué à façonner la suite de sa carrière, tournée vers un cinéma populaire, ainsi que ses relations - tendues - avec la critique. En 1982, après avoir enchaîné des succès commerciaux considérables, il refuse encore de montrer L'as des as aux journalistes ; le film dépasse les 5 millions d'entrées.

Ce n'est qu'en 1988 que Belmondo renoue avec un certain prestige critique, grâce à l'Itinéraire d'un enfant gâté de claude lelouch, qui lui vaut un César. Une récompense qui arrive sans doute trop tard pour l'acteur, qui refuse de venir la chercher.

Si Belmondo avait accepté de fouler de nouveau les marches cannoises, en 2001, ce n'était que pour honorer son ami Gérard Oury, à qui le Festival rendait hommage cette année-là. Les festivités prévues ce soir en son honneur pourront peut-être le réconcilier, certes tardivement, avec un monde qui n'avait pas toujours su reconnaître jusque là son talent et sa popularité.

 

En images : Belmondo, un acteur populaire

 

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