Puff Daddy et Apatow, 50 Cent et Ferrara : les rappeurs-acteurs

27/08/2010 - 14h37
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Les rappeurs et le cinéma, ce n'est pas nouveau. La preuve : Will Smith aka The Fresh Prince était déjà une star dans la série Le Prince de Bel Air, au début des années 90, grâce au succès obtenu avec son pote DJ Jazzy Jeff (premier Grammy Award de l'histoire du rap pour le duo en 1989). Et il vendait encore autant de disques que de places de cinéma à l'époque de Men in Black. Depuis, presque tous les rappeurs célèbres tentent de suivre les pas de Will, mais doivent généralement se contenter au pire d'une série policière (la légende du gangsta rap Ice-T dans New York unité-spéciale), au mieux d'un vrai-faux biopic. Du rap au clap, Cf Eminem, et son 8 Mile, ou encore 50 Cent, et son Get Rich or die trying. Autre solution pour percer dans le ciné quand t'es né avec un bandana, un gun et un flow, plus aventureuse : se faire assassiner, si possible en pleine gloire. Cf Biggie Smalls et son Notorious B.I.G. post mortem.

 

My ambitions as an actor

 

Mais aujourd'hui, les choses changent ma brave dame. Les rappeurs n'ont pas tous la chance d'avoir leur docu comme les légendes vivantes Jay Z (Fade to Black) ou Lil Wayne (The Carter), quand ils n'obtiennent pas des caméos fastoche "dans leur propre rôle" comme Kanye West ou Nas, ils veulent des rôles de composition, façon DMX dans Romeo must die. Enfin, si c'est dans le style des films de gangsters qui ont bercé leur enfance comme Scarface, ou Les Affranchis, c'est toujours mieux. On a donc vu Method Man jouer un gangster dans la série The Wire, tout comme Snoop Dogg et Dr Dre dans Training Day, MC Jean Gab'1 dans Black, ou encore, dans les films à venir, T.I, le "King" du rap sudiste en braqueur, dans Takers de John Luessenhop, qui doit sortir le 10 novembre 2010. Bref, des rôles jamais loin des guns, de la drogue et de la prison : pourquoi pas, si ça peut renforcer une street cred' écornée, renflouer les caisses, et vendre quelques BO.

Takers - Trailer

Enter the Wu-Tang Comedy Club

 

Mais pour véritablement faire ses preuves dans le 7e art, il faut parfois être capable d'autodérision. Pas forcément la qualité la plus répendue dans le rap game. Sean Combs, aka Puff Daddy pourtant, dont la carrière musicale s'essouffle il est vrai depuis 10 ans, l'a bien compris en changeant son Uzi d'épaule. "Le business de la musique s'écroule, j'ai besoin d'idées fraiches!", gueule-t-il dans un rôle hilarant de producteur de maison de disque lubrico-violent (adepte du "mind-fucking"), dans American Trip, le spin-off de Sans Sarah, rien ne va. Judd Apatow, qui produit le film (sortie le 1er septembre), n'hésite d'ailleurs pas à engager des MCs éminents dans ses comédies : Eminem et RZA figuraient au casting de Funny People (photo), par exemple. Pote avec Quentin Tarantino et Jim Jarmusch, pour lesquels il a assuré de mémorables scores, le cinéphile leader du Wu-Tang sera également à l'affiche de Date Limite, le nouveau Todd Philips (Very Bad Trip), en salle le 10 novembre. De leur côté, Method Man et Redman se sont affirmés dans le stoner movie potache (How High), et le Wu-Tang clan s'est trouvé une vocation dans la parodie de film d'horreur : le crew de Staten Island est quasiment au complet dans Scary Movie 3.

American Trip - Trailer

Muscler son jeu avec 50 Cent

 

Dans un monde où Xzibit peut jouer chez Werner Herzog (Bad Lieutenant), LL Cool J avec Gérard Depardieu (Vacances sur ordonnance), et Joey Starr chez Tonie Marshall (Passe-passe) toutes les reconversions sérieuses semblent enfin permises aux gros bras tatoués du hip hop. Après avoir "percé" chez l'irlandais Jim Sheridan dans un rôle semi-autobiographique (Réussir ou mourir), Curtis Jackson, aka 50 Cent a notamment fait une apparition dans le film britannique Dead Man Running, d'Alex de Rakoff. On devrait le retrouver dans un film policier post-Katrina au titre à la Gus Van Sant (Microwave Park), puis dans un teen-movie sur fond de trafic de drogue de Joel Shumacher (Twelve), mais surtout, dans l'intrigante adaptation du roman gothique de Robert Louis Stevenson par Abel Ferrara : Jekyll and Hide. En bon bad boy qui se respecte, 50 cent incarnera la face sombre du Docteur Jekyll, interprété par son alter-ego Forest Whitaker. Et les mélos, alors ? On ne se refait pas (complètement).

 

 

Vacances sur ordonnance - Trailer

Par Eric Vernay
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