Nicolas Sarkozy sort grandi de La Conquête

18/05/2011 - 15h21
Nicolas Sarkozy sort grandi de La Conquête

Présenté ce matin à Cannes, La Conquête est donc le premier long-métrage français consacré à Nicolas Sarkozy. Longtemps craint par l'Elysée, le film de Xavier Durringer s'avère en réalité très tendre envers l'actuel président de la République et pourrait aider à le rendre plus populaire.

Le point de vue adopté par le scénario de La Conquête est limpide : il s'agit de décrire la marche triomphale vers l'Elysée de Nicolas Sarkozy entre mai 2002 et mai 2007, tout en traitant en parallèle l'effondrement du couple qu'il formait avec Cécilia Sarkozy. Dès la première séquence, le propos du film est donné : la plus grande épreuve à affronter pour le futur président, c'est l'absence de Cécilia. Les évènements qui ont rythmé la vie politique française entre 2002 et 2007 - le Référendum sur la Constitution européenne, les émeutes en banlieue de l'automne 2005, ou la crise du CPE - sont ainsi balayés en quelques secondes, et ne représentent qu'une vague toile de fond. Car Xavier Durringer cherche surtout à montrer que ces sujets politiques constituent un simple terrain d'affrontement entre le cynique duo Jacques Chirac/Dominique de Villepin et le malicieux Nicolas Sarkozy. Homme blessé et acculé, l'actuel président est présenté comme une victime permanente de l'agressivité extérieure.

 

Tout film doit choisir un angle précis et le fait de raconter la conquête du pouvoir du chef de l'Etat sous l'angle privé et amoureux n'est pas un défaut. En revanche, le traitement de Xavier Durringer pose clairement problème. Très plate, la réalisation filme chaque séquence politique comme une farce mais sort plusieurs fois les violons pour illustrer la crise de couple. La séquence qui voit Cécilia partir en Jordanie est en cela la plus lyrique, balançant une émouvante musique qui couvre les propos des personnages, comme dans un mélo hollywoodien. Xavier Durringer semble par là vouloir faire partager au spectateur la douleur de Nicolas Sarkozy.

 

La Conquête ne fait pas uniquement preuve d'empathie - la facette calculatrice et colérique du personnage est évidemment soulignée - mais si critique il y a, elle est davantage adressée aux médias et à leur complaisance. Car rien n'est dit sur les orientations politiques et les conséquences concrètes de la politique de Nicolas Sarkozy. Le film préfère transformer des personnages réels en figures de cinéma, énergiques et facétieuses, aux répliques aussi inspirées que graveleuses.Même en tentant de démonter les mécanismes de la communication politique, le septième art a donc réussi à rendre Sarkozy amusant et presque touchant, notamment grâce à la brillante interprétation de Denis Podalydès. Accentuant l'idée selon laquelle Nicolas Sarkozy n'est pas un président comme les autres, qu'il est plus malin et combatif que Jacques Chirac et qu'il a su triompher de l'adversité, La Conquête fait plutôt une bonne publicité à un homme qui est depuis longtemps devenu une image d'Epinal.

 Voir aussi : La Conquête : qui est qui ? sur Premiere.fr

 

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