Les bandes-annonces doivent-elles dire toute la vérité ?

10/10/2011 - 16h32
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Les bandes-annonces doivent-elles dire toute la vérité ?

Une Américaine va intenter un procès à Film District, le distributeur de Drive, sous prétexte que la bande annonce promouvait un genre de Fast and Furious - quand le film n'a en réalité rien à voir. En effet, le thriller de Nicolas Winding Refn n'a absolument aucun rapport avec les films de la franchise bourrine, et on peut déjà s'étonner que quelqu'un trouve à s'en plaindre.

Car plainte il y a, en bonne et due forme. Elle mentionne d'ailleurs différentes choses : si le dossier est basé sur un problème de publicité mensongère, il évoque aussi, au passage, un supposé caractère raciste et antisémite du film. Mais là n'est pas le plus grave pour cette spectatrice mécontente visiblement, l'important est qu'on lui ait vendu le style bien burnée de Vin Diesel et qu'elle s'est retrouvée avec les silences énigmatiques de Ryan Gosling. Elle compte donc demander remboursement de sa place de cinéma et, surtout, envoyer un signal fort pour mettre un terme aux trailers trompeurs. Car il y a de juste causes en ce bas monde qu'il faut savoir défendre. Elle espère être rejointe par d'autres cinéphiles floués et transformer ainsi son dossier en class action.

 

A supposer que l'on prenne l'affaire suffisamment au sérieux pour la porter devant un tribunal, cette réaction est-elle fondée ? Les bandes annonces doivent-elles refléter fidèlement la réalité du film ? Sans atteindre de telles extrémités, le public américain dans son ensemble semble le penser. Car le spectateur US veut savoir ce qu'il va voir, comme l'expliquait récemment un journaliste du Hollywood Reporter à nos collègues de Premiere.fr. D'où les bandes annonces de 2 ou 3 minutes qui déroulent tous les enjeux du scénario et prennent le futur spectateur par la main pour lui dire "voilà à quoi tu auras droit si tu viens voir notre film". Une étude (américaine) publiée récemment montrait d'ailleurs que le public avait tendance à mieux apprécier une histoire si elle en connaissait la fin - l'idée étant qu'on apprécie plus les détails d'une intrigue si on n'a plus à se concentrer sur son possible dénouement. 

 

Pour le public américain donc, mieux vaut être informé qu'intrigué. Il aime qu'on lui raconte tous les enjeux d'un thriller comme c'est la cas avec la dernière bande annonce du Millenium de David Fincher, qui développe chaque étape du scénario sur 3 minutes 30 :

Le mystère, qui pourtant peut contribuer à susciter du désir, n'aurait donc pas sa place dans la bande annonce. Susciter du désir, c'est le job du teaser, ça ne dure jamais longtemps et n'est pas une fin en soi : il n'est qu'une étape avant le bon gros trailer qui résoudra toutes les interrogations du spectateur avant qu'il prenne le risque d'aller acheter sa place de ciné.

 

Et en l'occurrence, le trailer (américain) incriminé, celui de Drive, ne déroge pas à cette règle, racontant à peu près tout le film sur 2 minutes 30 :

Voici, pour comparer, le trailer du dernier Fast and Furious :

Alors, y'a matière à procès ?

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