
La saga Star Wars sort demain pour la première fois en Blu-ray. Fidèle à sa réputation de ne rien respecter, même pas ses propres oeuvres, George Lucas en a profité pour opérer quelques changements sur ses films, souvent mineurs, mais déjà inacceptables pour les fans, devenus gardiens de l'intégrité de l'oeuvre, et ils sont nombreux. Désormais, dans Le Retour du Jedi notamment, alors que l'Empereur mène Luke vers une mort certaine, vous entendrez Dark Vador crier "noooooooooon !" alors qu'il tue son maître.
Un simple cri penseront les plus détachés. Mais pour le fan de Star Wars, toucher à l'oeuvre de George Lucas est une hérésie. Au fil des ans, le public s'est retrouvé à vouloir protéger l'oeuvre contre son propre créateur, qui lui semble moins attaché à la pureté de sa création. George Lucas permettrait-il que l'on touche à n'importe quel classique du cinéma ?
Le cinéaste n'a pourtant pas toujours fait preuve de cette indolence. En 1988, il prenait la parole devant le Congrès des Etats-Unis pour dénoncer avec passion le révisionnisme artistique. A l'époque, Ted Turner avait entrepris de coloriser les films de répertoires dont il avait acheté les droits. Beaucoup de réalisateurs de ces films étaient toujours en vie et avaient protesté, mais sans aucune base juridique. Hollywood s'était alors mobilisé et avait porté l'affaire à Washington. Parmi les intervenants, Lucas donc, qui qualifiait de "barbares" les gens qui "altèrent ou détruisent des oeuvres d'art ou notre héritage culturel pour le profit ou par simple goût du pouvoir". (L'intégralité du texte est accessible ici).
Au fil des rééditions, éditions spéciales, nouvelle trilogie, ressorties et remasterisations, le père de Star Wars n'a pas exactement tenu la droite ligne qu'il demandait à Washington de tracer. Il est ainsi devenu le créateur le plus haï de l'oeuvre la plus vénérée de la pop culture américaine. Et aussi un des plus riches.