
Le film fantastique français ? Mouais bof, presque un oxymore par les temps qui courent. Pour un Pascal Laugier (Martyrs) ou un Alexandre Aja (Mirrors), réalisateurs qui percent actuellement à Hollywood, combien de bouses comme Frontières ou Humains ? Et quand bien même certains se débrouillent, en tentant de défier leurs maîtres avec le peu de moyens qui leurs sont alloués, on reste loin de John Carpenter ou de George Romero.
Dans ce contexte peu excitant, Djinns, le premier film de Sandra et Hugues Martin, promet de casser un peu la routine. Rappelons aux ignares (dont j'étais avant d'écrire cet article) que les "djinns" ne sont ni des pantalons de cow boy ni des cocktails toniques mal orthographiés, mais, selon l'islam, des esprits errant dans les endroits déserts, prêts à posséder les âmes souillées par le péché. Autant dire que dans le film, qui se déroule en pleine Guerre d'Algérie, les djinns peuvent s'en donner à coeur joie, question souillure et péché.
Les créatures maléfiques s'attaquent en particulier à une section de paras français, incarnés par une curieuse brochette d'acteurs, venus aussi bien de la série B et du cinéma de genre que du cinéma d'auteur : Cyril Raffaelli (Banlieue 13), Grégoire Leprince-Ringuet (La Belle personne), Thierry Frémont (La Rafle), Saïd Taghmaoui (La Haine), Aurélien Wiik(A travers la forêt), Stéphane Debac (Phénomènes) et Matthias Van Khache (Lady Blood).
En espérant que Hugues et Sandra Martin sauront évoquer cette période encore sensible de l'Histoire avec plus de cran que Rachid Bouchareb (Hors-la-loi : le guerre d'Algérie façon Il était une fois en Amérique), et que leur film fantastico-guerrier prévu pour cet été (le 11 août 2010) aura plus de gueule que ça :
Par Eric Vernay Follow @ericvernay