

En grand habitué de Cannes, Nanni Moretti présente aujourd'hui son nouveau film au pitch pour le moins original, Habemus Papam, l'histoire de la crise de foi d'un Pape nouvellement élu. De son côté, Maïwenn, pour la première fois en compétition à Cannes, explore dans Polisse la vie quotidienne d'une brigade de protection des mineurs.
La cinéaste française glisse une partie du casting du Bal des actrices dans la peau de flics donc, y compris Joey Starr... tandis qu'elle se place de nouveau dans la position du "voyeur", en incarnant une femme mandatée par le ministère de l'intérieur pour réaliser un livre de photos sur la brigade.
Avec Habemus Papam, Moretti quitte la politique mais retrouve une forme d'introspection, en mettant en scène un Pape (incarné par Michel Piccoli) qui, tout juste élu, est en proie au doute. Il décide alors de suivre une psychothérapie afin de lutter contre son profond malaise. Chacun de ses films déclenche des polémiques en Italie, la vie intime du Pape et du Vatican pouvait paraître un sujet un peu touchy. Pourtant, il semblerait que le cinéaste ait été indulgent avec l'Eglise et son clergé, affirmant même, après une projection de son film dans une université : "Quand un intégriste catholique attaque mon film en disant qu'il ne représente pas l'Eglise réelle, il me semble que c'est une façon de me remercier de ne pas l'avoir fait. Disons que mes cardinaux dévots et affectueux, mon pape perturbé, loin des manoeuvres de couloirs et des jeux de pouvoirs durant un conclave, est le don que je fais, comme athée, à l'Eglise."
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